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CTMA, 75 ans et toujours au service des Madelinots

La coop s’occupe du transport des personnes et des marchandises vers l’archipel

Les équipages madelinots des services de croisières et de desserte maritime CTMA.
Photo courtoisie Les équipages madelinots des services de croisières et de desserte maritime CTMA.

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En 1944, une poignée de citoyens des Îles-de-la-Madeleine s’unissaient pour s’offrir des services de transports maritimes adaptés à leurs besoins. 75 ans plus tard, la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) embauche 500 employés et assure le transport de personnes et de marchandises sur l’archipel.

À l’époque, des compagnies étrangères assuraient les services de transport et l’approvisionnement sur les Îles-de-la-Madeleine. Elles dirigeaient l’exportation et décidaient des prix. Des pêcheurs et marchands ont décidé de prendre le destin des insulaires en main et d’être autonomes.

Aujourd’hui, la coopérative a un modèle d’affaires peu commun, adapté à sa réalité. Elle ne verse pas de ristourne à ses membres et réinvestit dans le développement des services. Elle n’a pas l’obligation de réaliser plus de 50 % de ses opérations avec ses membres, ce qui aurait pu causer sa dissolution au début des années 2000.

Selon son directeur, Emmanuel Aucoin, il fallait de la détermination pour créer, puis assurer la survie d’un tel modèle d’affaires.

« C’est de mettre l’intérêt de la population supérieur aux intérêts privés. C’est dire qu’on est là principalement pour les Madelinots. On vit pour eux, c’est notre mission », dit Emmanuel Aucoin, directeur de la CTMA.

La coopérative possède 11 filiales, dont les deux principales, Navigation Madeleine, la desserte maritime vers le Québec, et CTMA Traversier, le traversier vers l’Île-du-Prince-Édouard. Elles s’autofinancent respectivement à 57 % et 43 %, les gouvernements comblant les déficits d’opérations annuelles.

La CTMA compte cinq navires, trois remorqueurs et transporte 100 000 passagers par année sur le traversier.

Essor touristique

L’ajout des croisières organisées en 2002, de façon régulière à raison de 15 semaines par année, a contribué à l’essor de l’industrie du tourisme sur les îles. Des emplois ont été créés et un bassin de main-d’œuvre qualifiée a été développé, puisque le même personnel va d’un bateau à l’autre.

«Ç’a permis de développer une offre touristique incroyable, qui n’existait pas il y a 15 ans. Avant, on avait des autobus scolaires avec parfois de l’air climatisé, aujourd’hui on a des vrais autobus voyageurs. Ç’a développé de la gastronomie. La clientèle arrivant en début de semaine, on comblait un vide (les dimanche, lundi, mardi) », résume M. Aucoin.

Flotte routière

La Coopérative de transport maritime et aérien a aussi comme mission de transporter les marchandises nécessaires aux résidents des îles. Elle possède une flotte routière de 90 remorques et 17 tracteurs, ainsi que quatre entrepôts. En plus d’apporter les denrées et biens de toutes sortes, il faut transporter les matières résiduelles, les déchets médicaux ou les terres contaminées. Et c’est sans compter l’exportation des produits de la mer.

« Après 75 ans, on a la fierté d’être capable de prendre en main notre destinée. Nos prochains défis seront de renouveler la flotte, recruter des talents, renouveler nos contrats et avoir la confiance des gouvernements », conclut Emmanuel Aucoin.

Coopérative de Transport Maritime et Aérien

  • Fondation : 28 mai 1944
  • Mission : assurer le transport de personnes et de marchandises des Îles-de-la-Madeleine
  • Nombre d’employés : 500
  • Chiffre d’affaires global : Plus de 86 M$