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Francis Cabrel: de classiques et d’ovations

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MONTRÉAL – D’une humeur éclatante, et généreux de ses classiques romantiques, Francis Cabrel a reconquis son public montréalais, déjà très épris, à la Maison symphonique, lundi. Comme l’a répété à plusieurs reprises le légendaire auteur-compositeur-interprète entre les morceaux de son tour de chant: «Ouais, pas mal, quand même...»

«Ce sont toutes des chansons d’amour, bien sûr», a badiné Cabrel, guitare au cou, au cours de ce survol pigeant dans ses titres d’à peu près toutes les années, auxquels ses quatre musiciens ont insufflé beaucoup d’énergie.

Porte-bonheur

Une icône de sa trempe n’a pas besoin de raison particulière pour nous visiter, mais c’est pour célébrer ses 40 ans de carrière que Francis Cabrel sillonne routes et salles en 2019. Ce concert-anniversaire se mesure en joyaux musicaux d’un répertoire immortel et en innombrables ovations.

L’homme entre sobrement en scène, tout fin seul, et on le salue d’une poussée d’acclamations. Il articule avec délicatesse un senti «Bonsoir tout le monde, cette salle est magnifique», et les sourires s’élargissent instantanément au parterre.

Il explique, après «Les murs de poussière», première pépite d’une mine d’or quasi infinie de vers réconfortants, qu’il s’agissait également là de la toute première pièce de son tout premier album (du même nom), «de toute notre histoire», dit-il, et on rigole lorsqu’il spécifie que «Ça commence à faire longtemps».

On reconnait les premiers accords de «L’encre de tes yeux», et un murmure d’aise se répand parmi les spectateurs, lesquels répondent d’une franche salve d’applaudissements lorsque Cabrel en entonne les premières paroles, baigné de seulement deux halos d’une blanche lumière.

Lundi, les gens ont respectueusement écouté le consacré refrain, et se sont montrés encore davantage passionnés, plus tard, à la reconnaissance de «Petite Marie», son «porte-bonheur», a-t-il imagé, qui a reçu un accueil et une clôture totalement enflammés. Une survoltée «Encore et encore» aux accents cajuns a provoqué le même élan dithyrambique.

Et ainsi file la soirée en compagnie de ce monstre sacré français, devenu un peu québécois au fil du temps. Tous ont tapé des mains sur «Le chêne-liège», le silence a régné pendant «Fils unique», «Octobre» et «Ma place dans le trafic», mais l’atmosphère était à la fête sur «Sarbacane» et à la chorale country pendant «Rosie». Au moment d’écrire ces lignes devaient encore venir les immenses «Je l’aime à mourir» et «C’est écrit».

Traits d’esprit

Moins timide que ne le souffle sa réputation, le chanteur n’a pas déclamé de grands discours mais a multiplié les traits d’esprit rapides, rassurant ses convives («Vous êtes de plus en plus beaux et belles. Y’a pas à s’inquiéter pour ça...») et blaguant sur sa supposée fatigue (lui qui a joué sans pause pendant deux heures).

Visiblement, on aimait, on aime et on aimera toujours le grand Francis Cabrel. L’éternel amoureux n’a qu’à annoncer une présence au Québec pour que les billets de ses spectacles s’envolent aussi vite que les mots doux dans ses textes poétiques.

En plus d’honorer ces jours-ci une Maison symphonique entièrement comblée – c’était la deuxième de trois représentations, lundi –, il se rendra dans quelques jours à Ottawa, Trois-Rivières et Moncton. Il s’affaire de surcroit déjà à remplir la Salle Wilfrid-Pelletier avec une prestation complètement renouvelée pour juin 2020.

Francis Cabrel se produit à nouveau à la Maison symphonique ce mardi, 11 juin.