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Inondations: lueur d’espoir pour un sinistré de Scott

Une campagne de sociofinancement lancée pour lui bâtir une nouvelle maison

Florent Vallières
Photo Martin Lavoie Le sous-sol de la maison de Florent Vallières a été complètement inondé, et l’eau a monté à trois pouces au-dessus du plancher du rez-de-chaussée. Le niveau de l’eau a atteint cinq pieds sur le terrain, dépassant la haie de cèdres à certains endroits, a indiqué M. Vallières.

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La situation d’un résident de Scott, lourdement touché par les inondations, a tellement ému un organisme qu’il a lancé une campagne de sociofinancement afin de lui reconstruire une maison.

Même si elle se trouve à plus de 150 m de la rivière Chaudière, la résidence de Florent Vallières et d’Édith Jomphe n’a pas échappé aux pires inondations en cent ans à avoir frappé la Beauce.

Le 20 avril, le sous-sol de 7 pieds de hauteur a été complètement inondé et trois pouces d’eau se sont même retrouvés sur le plancher du rez-de-chaussée de la résidence bâtie dans les années 1800. «Je suis ici depuis 41 ans et c’est la première fois que ça arrive», a expliqué M. Vallières.

Pour ajouter au drame, son épouse était en attente d’une opération visant à lui implanter une prothèse à l’épaule. «L’eau a monté très vite et j’ai paniqué. Je me suis mise à “focusser” sur ma douleur», a raconté Mme Jomphe de sa chambre d’une maison de retraite où elle reprend des forces.

Florent Vallières
Photo Martin Lavoie

Elle a été incapable de monter dans la chaloupe des secouristes ni dans la pelle du chargeur sur pneus. Elle a donc passé six jours à l’étage de leur résidence.

Aller ailleurs

La dame, qui se déplace avec une canne à la maison, et en déambulateur à l’extérieur, ne veut rien savoir de revenir dans sa demeure. « Il y a trop de microbes, je ne veux pas remettre les pieds là », a expliqué celle qui a été traitée pour une infection à la hanche il y a deux semaines.

Lorsqu’elle sortira dans deux ou trois semaines, elle sera hébergée chez sa belle-sœur, à Trois-Rivières, ou dans sa famille aux Îles-de-la-Madeleine, « ce n’est pas ce que je veux, mais c’est en attendant de se trouver autre chose », mentionne-t-elle.

«C’est un nid à champignons. Il n’y a plus rien à faire avec la maison. J’aimerais avoir un plain-pied, mais pas dans une zone inondable», raconte M. Vallières.

Les sexagénaires invoquent leurs faibles revenus pour expliquer que M. Vallières demeure toujours dans la maison. «On vit sur ma pension de 800 $ par mois. Et en plus, la chambre ici coûte 35 $ par jour», dit-elle.

«J’ai eu de l’aide de mes enfants et d’une voisine qui nous a donné de la nourriture. Mais là, je suis découragé ben net. On ne peut pas rester ici, mais on n’a pas les moyens d’aller ailleurs. Je ne peux pas passer au travers», a raconté M. Vallières.

La campagne

«La maison est finie raide. On s’est dit qu’il fallait faire quelque chose», lance Olivier Châtigny, de l’organisme Contribution aux rénovations du Québec.

Une campagne de sociofinancement a donc été mise sur pied sur la plateforme Gofundme. « Notre objectif est d’amorcer la construction d’une nouvelle maison d’ici un mois », espère M. Châtigny.

Pas les seuls

«Leur cas est un peu celui de tous les autres, ce sont tous mes sinistrés. Dans toutes les paroisses, nous avons des gens à l’état de santé plus fragile. Ce n’est pas un cas isolé», a précisé le maire de Scott, Clément Marcoux.

«On a eu des rencontres avec la Santé publique, avec la Sécurité publique. Il y a des recours en masse avec le CLSC Sainte-Marie. Plusieurs organismes prennent les gens en charge. Les sinistrés obtiennent les services dont ils ont besoin», a-t-il ajouté en saluant au passage le courage de ses citoyens dans cette épreuve.

Le Journal a tenté de contacter le CIUSSS de Chaudière-Appalaches pour connaître les services qui leur ont été offerts.