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Des citoyens se mobilisent contre l'abattage d'une partie d'un boisé

L'arboriculteur Jean Lamontagne et la présidente de Québec Arbres, Johanne Elsener, ont rencontré les médias ce matin pour demander à la Ville de Québec de préserver l'intégralité du boisé de Rochebelle.
Photo Stéphanie Martin L'arboriculteur Jean Lamontagne et la présidente de Québec Arbres, Johanne Elsener, ont rencontré les médias ce matin pour demander à la Ville de Québec de préserver l'intégralité du boisé de Rochebelle.

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 Estimant «ridicule» de raser une partie du boisé de Rochebelle pour quelques cases de stationnement, des citoyens demandent à la Ville de Québec de revoir ses plans.  

 L'organisme Québec Arbres, accompagné de citoyens et de l'expert en foresterie urbaine Jean Lamontagne, a tenu un point de presse aujourd'hui devant le boisé situé entre l'aréna de Sainte-Foy et l'école secondaire de Rochebelle.  

 Déjà, les arbres situés en bordure sont marqués d'un triangle rouge qui signe leur arrêt de mort.   

 Les citoyens souhaitent que la Ville révise ses plans, quitte à perdre quelques espaces de stationnement dans le projet qu'elle développe autour du futur anneau de glace.  

 «Un boisé en milieu urbain, le détruire pour quelques espaces de stationnement, on trouve ça vraiment ridicule», a tranché M. Lamontagne, qui estime que le boisé ne survivra pas à long terme si on en coupe la bordure, qui agit comme écran protecteur pour le reste de la forêt, fréquentée par les marcheurs et les élèves de Rochebelle.  

 Il contient des espèces qui présentent une grande valeur, comme des chênes rouges qui sont presque centenaires, souligne-t-il.  

 «Ces grands arbres-là font de la régénération et développent de jeunes arbres tout le tour, du cerisier, du frêne, de l'érable à sucre, ce qui fait que, lentement, le boisé s'agrandit.»  

 La présidente de Québec Arbres, Johanne Elsener, déplore que les citoyens ne soient pas informés des plans précis de la Ville pour ce secteur. La coupe des arbres a été apprise par hasard, à la suite de consultations publiques sur un projet de logements sociaux à proximité, affirme-t-elle.   

 «Ce qu'on demande à la Ville, c'est de faire l'effort de réduire légèrement l'espace de stationnement pour protéger l'entièreté du boisé.» L'organisme a d'ailleurs déposé un mémoire prônant la préservation du boisé, appuyé par un médecin-conseil de l'INSPQ, Pierre Gosselin, et par le directeur de la Chaire de recherche du Canada en génomique forestière, Jean Bousquet.  

 La veille, le président de l'arrondissement, Rémy Normand, avait opposé une fin de non-recevoir à des citoyens qui demandaient à la Ville de préserver le boisé.   

 «On ne peut pas protéger de façon globale tous les petits chicots qui sont dans le boisé», avait-il tranché lors d'une séance du conseil d'arrondissement de Sainte-Foy. La Ville a affirmé qu'une centaine d'arbres seraient abattus dans le cadre du réaménagement du stationnement devant l'aréna, dont 27 dans le boisé, ce qui comprend 20 arbres «de petite taille, malades ou morts».   

 En contrepartie, elle en replantera 185. «La Ville a tout mis en œuvre pour minimiser l’impact des travaux sur le boisé. Nous avons porté une attention particulière à préserver des arbres de grande taille qui assureront la vitalité à long terme du boisé», a indiqué la porte-parole Cindy Demontigny.   

 Mais pour M. Lamontagne, cela ne représente pas un baume. «On a déjà coupé des centaines d'arbres sur la route de l'Église. Un arbre mature comme celui-là, ça prend 22 petits arbres pour remplacer le travail qu'il fait en épurant l'air.»  

De son côté, la Commission scolaire des Découvreurs se dit sensible au sort du boisé, même si celui-ci est situé sur un terrain qui ne lui appartient pas. Le président Alain Fortier dit faire confiance à la Ville dans le dossier et espère que les coupes ne seront pas trop invasives. «On demande à la Ville de la sensibilité, de l’écoute et de la parcimonie dans les gestes qu’ils vont poser», a exprimé le président de la CS. 

 Avec la collaboration de Taïeb Moalla