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Un restaurateur aux gestes et aux propos déplacés devra payer cher

L’homme doit verser 26 000 $ à une ancienne employée alors âgée de 18 ans

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Un ex-patron de restaurant qui importunait sans cesse une de ses employées, avec des paroles et des gestes déplacés à caractère sexuel, devra verser à la jeune femme une compensation record de 26 000 $.

Dès le début de sa formation au restaurant, l’employée a dû subir des comportements non sollicités de la part de son patron, Jean Desormeaux, alors qu’il lui frôle la poitrine « pour lui montrer comment couper les légumes », relate le jugement rendu récemment par le Tribunal des droits de la personne.

Les gestes qui lui sont reprochés remontent à 2011. La plaignante n’était âgée que de 18 ans. Lui en avait 45.

« À une dizaine de reprises au cours de l’année qui suit son embauche, M. Desormeaux lui offre de lui faire faire “un tour de la ville à 1000 $ en limousine” en soirée, alcool fourni. Elle refuse chaque fois, considérant qu’il s’agit d’une sollicitation de faveurs sexuelles à peine voilée », peut-on lire.

On ajoute que lorsque l’homme ne lui propose pas « une petite vite dans le back-store », il ne se gêne pas pour lui dire qu’il la trouve « belle et sexy », même devant des clients ou d’autres employés.

Position d’autorité

Or, la jeune femme ne savait pas comment lui dire d’arrêter en raison de sa position d’autorité et espérait plutôt qu’il se tanne de lui-même.

« [Elle] témoigne s’être sentie inconfortable face aux comportements et aux propos de M. Desormeaux, mais considérait ne pas être en position de lui dire de cesser [...] parce qu’il était son patron et qu’elle avait peur de perdre son travail sans avoir de référence », est-il écrit dans le jugement.

Elle a perdu son emploi en mai 2013, après avoir appelé pour dire qu’elle était malade. Mais son ancien patron a continué de lui écrire des messages à connotation sexuelle sur Facebook, à répétition, notamment en faisant allusion à ce qu’il imagine lorsqu’il pense à la jeune femme.

Si Jean Desormeaux a admis certains des gestes, il a préféré minimiser le tout et que « ça ne valait pas la peine d’aller en cour » pour la situation, est-il écrit.

Syndrome Don Juan

« Il affirme que cela tenait à sa volonté de plaire, d’être gentil, de s’afficher comme un patron cool, à son caractère extraverti, voire à son “syndrome Don Juan” », souligne-t-on.

Pour les messages Facebook, il a affirmé que c’est « sûrement en raison de la cocaïne », drogue qu’il avait cessé de consommer, mais qui augmentait sa libido, selon lui.

Desormeaux n’est plus impliqué depuis 2014 auprès du restaurant Salade Imagination, où les gestes se sont produits. À ce moment, il faisait l’objet d’une enquête criminelle pour des infractions à caractère sexuel sur une personne âgée de moins de 16 ans. Il a plaidé coupable en 2016 et a reçu une peine de 21 mois de prison.

♦ Le montant de 26 000 $ en dommages moraux et punitifs est le plus élevé accordé pour une cause de harcèlement sexuel en milieu de travail au Tribunal des droits de la personne.