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Une très grande finale

Gagne ou perd, le gardien des Bruins Tuukka Rask mérite le trophée Conn Smythe.
Photo AFP Gagne ou perd, le gardien des Bruins Tuukka Rask mérite le trophée Conn Smythe.

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La perspective d’une série de la Coupe Stanley entre les Bruins de Boston et les Blues de St. Louis, n’excitait pas grand monde comparée à celle de l’an dernier entre les Golden Knights de Vegas et les Capitals de Washington, mais c’est l’une des grandes finales des dernières années.

J’ai déjà hâte au match numéro sept, demain soir à Boston. Quelle série pleine de rebondissements ! Elle est à l’image de l’ensemble des séries 2019 ! Dès qu’une équipe semble être au tapis, on croit qu’elle est finie, mais elle rebondit. On se fait tous prendre au piège, moi inclus.

Je ne crois plus à ce qu’on appelle le momentum. Chaque match est un nouveau match. Plus rien n’est prévisible. Même l’avantage de la patinoire ne veut plus dire grand-chose. Nous arrivons à une nouvelle étape dans la LNH, la parité et un certain changement de mentalité.

Autrefois, les équipes qui se faufilaient en séries éliminatoires n’avaient pratiquement aucune chance de battre les meilleures formations comme les Oilers d’Edmonton des années 1980. Aujourd’hui, l’objectif est de participer aux séries et par après, tout devient possible.

Il faut donner crédit à la LNH. Le hockey a évolué. Ça demeure un jeu rude, mais on a pratiquement éliminé les bagarres et on voit moins de coups à la Scott Stevens. Il n’y a plus de brutes qui sont là pour une seule chose. Comme résultat, il y a moins de joueurs frileux et il y a moins de joueurs invisibles sur la route.

Ça explique en partie l’équilibre actuel dans la LNH et la difficulté à faire des prédictions. La LNH se réinvente sur de nouvelles bases. C’est une évolution.

Les Blues bien vivants

Peu de gens ont pris les Blues au sérieux depuis le début des séries éliminatoires. Ils ont raté une belle occasion de soulever la Coupe, dimanche, et pour plusieurs, l’affaire est déjà dans le sac pour les Bruins, mais attention ! Les Blues sont encore bien vivants et ils vont tout donner demain dans le match de l’année.

Logiquement, j’aurais tendance à favoriser les Bruins pour le 7e match, mais vous savez quoi ? Je crois que les Blues vont l’emporter. On a rarement vu une formation aussi tenace que la leur. N’oublions jamais qu’ils occupaient le 31e rang au début de l’année 2019.

Au cours des présentes séries, ils ont tiré de l’arrière 3-2 contre les Stars de Dallas, puis 2-1 contre les Sharks de San Jose après ce fameux but en prolongation marqué après une passe avec la main de Timo Meier. On ne donnait plus cher de leur peau, à ce moment, mais aujourd’hui, ils sont à une victoire de la Coupe.

Les Blues ont volé le match numéro cinq à Boston pour se donner une chance de gagner la Coupe. Encore une fois, il y a eu une décision douteuse de la part des officiels et mon plus grand souhait, pour demain, est justement que les joueurs décident du match.

Pas de controverse, svp !

La LNH n’a pas besoin d’un autre but controversé. Vingt ans plus tard, on parle encore du fameux but de Brett Hull qui a donné la Coupe aux Stars de Dallas en 1999 alors qu’il avait les orteils dans le territoire du gardien des Sabres de Buffalo, Dominik Hasek. C’était interdit à l’époque.

J’aimerais qu’on se souvienne des séries 2019 davantage pour l’exceptionnelle qualité de jeu que des controverses. Il y en a déjà eu assez comme ça.

Donnons aussi crédit aux Bruins pour avoir survécu à l’élimination de brillante façon, dimanche à St. Louis. Le leadership des Bruins est l’une de leurs forces et Patrice Bergeron a su dire les bons mots avant le match de dimanche. Leur gardien, Tuukka Rask, a été fantastique. Gagne ou perd, il mérite le trophée Conn Smythe.

- Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Zdeno Chara

Le capitaine des Bruins, Zdeno Chara, ne peut parler avec sa mâchoire fracturée, mais sa seule présence est une inspiration pour ses coéquipiers. J’ai dit récemment que l’on doit laisser de côté les joueurs blessés, mais lorsque tu fais face à l’élimination et que tu arrives dans un match numéro sept en grande finale, c’est peut-être préférable d’avoir son capitaine dans l’alignement, même s’il n’est pas à 100 %. Il n’y a aucun doute que Chara exerce un effet apaisant et rassurant pour ses coéquipiers et dans un match numéro sept, l’équipe qui gagne est souvent celle qui gère le mieux ses émotions.

La gaffe du journal

Le quotidien de St. Louis, le Post Dispatch, a fait une gaffe monumentale en publiant hâtivement une lettre de deux pages du propriétaire des Blues qui remerciait les partisans pour cette première conquête de la Coupe Stanley. Honnêtement, je ne crois pas que cela ait motivé les joueurs des Bruins. Quand tu perds 3-2 dans la grande finale, c’est amplement suffisant pour être motivé. Par contre, ce fut peut-être une distraction inutile pour certains joueurs des Blues.

Duel Binnington-Rask

Le gardien des Bruins, Tuukka Rask, a été plus constant que celui des Blues, Jordan Binnington, mais tout ce qui compte maintenant, c’est qui sera le meilleur dans le 7e match, demain soir. On sait tous que Binnington est capable de se relever après une défaite. Il est à l’image de Matt Murray, qui a mené les Penguins à la Coupe Stanley en 2016 et 2017. Je m’attends à un excellent duel de gardiens ce soir et Binnington a un petit côté arrogant que j’aime bien. Quant à Rask, il est rendu à 32 ans et il n’a jamais si bien joué. Il est visiblement en pleine confiance.