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Karifa Yao: content d’être à la maison

Karifa Yao a grandi à Laval et a signé un contrat avec le club montréalais la semaine dernière

SPO - KARIFA  YAO, NOUVEAU MEMBRE DE L'IMPACT
Photo Martin Alarie Karifa Yao est promis à un bel avenir avec l’Impact.

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Karifa Yao n’a que 18 ans, mais il a déjà une stature d’homme avec sa charpente de 6 pieds 2 pouces et 178 livres. Ça tombe bien, il faut être costaud pour être arrière central dans la MLS.

Le jeune homme de Laval est devenu, la semaine dernière, le plus récent produit de l’Académie de l’Impact à signer avec la première équipe, et sa vie n’en a pas été changée dramatiquement.

« Ça n’a pas été une trop grosse surprise, a admis le grand timide. J’étais à la fois heureux, fier et satisfait parce que j’ai fait beaucoup de sacrifices, et de voir que j’ai ce contrat à la fin, j’étais très satisfait.

En plus de signer dans ma ville natale où il y a ma famille et mes proches, c’est pas mal spécial. »

Il a même déjà un match sous la cravate puisqu’il était réserviste contre les Sounders de Seattle mercredi dernier.

Expérience

Yao ne s’est pas encore joint officiellement à la première équipe parce qu’il va aller jusqu’au bout des séries éliminatoires avec la formation U19.

Après une année chez les U17 et deux autres avec les U19, il pourra ensuite faire le saut chez les professionnels. Par la suite, il entend apprendre à grande vitesse.

« Je me fixe comme objectif de prendre de l’expérience avec les gars et de m’améliorer le plus possible. Pour les minutes, j’aime mieux ne pas trop m’avancer. »

Voilà qui est sage puisqu’il y a pas mal d’arrières centraux avec l’équipe. Il a d’ailleurs dit s’inspirer et apprendre beaucoup de l’un de ceux-ci, Zakaria Diallo, qui a plus ou moins les mêmes attributs physiques.

« Il a beaucoup d’expérience et je peux vraiment apprendre de lui. Il me donne déjà pas mal de conseils et d’outils pour m’améliorer », a expliqué l’adolescent.

Amélioration

Avant d’apposer son nom au bas du contrat, Yao a eu quelques bonnes conversations avec Rémi Garde. Celui-ci est reconnu pour être efficace dans le développement de jeunes joueurs.

« Rémi m’a parlé des choses que je dois améliorer pour aller au prochain niveau. »

Et sur quoi doit-il travailler pour espérer grappiller des minutes dès cette saison ?

« Je dois améliorer ma prise de décision parce que le jeu est plus rapide en MLS, et voir avant pour pouvoir enchaîner plus rapidement et accélérer le jeu. »

Fierté

Pour Yao, c’est une forme d’aboutissement, mais il sait très bien que tout reste encore à faire.

« C’est une aventure qui se poursuit, le travail ne fait que commencer. »

N’empêche qu’il éprouve beaucoup de fierté à dire qu’il fait désormais partie de la première équipe de l’Impact.

« J’ai toujours cru en moi et je voyais mon potentiel. J’ai persévéré et j’ai travaillé. »

Yao, qui a un petit frère de 7 ans et une sœur de 13 ans, a aussi fait la fierté de son père, qui est originaire de la Côte-d’Ivoire, et de sa mère, qui est Sénégalaise.

« Mes parents étaient très excités et aussi très fiers parce qu’on ne s’attendait pas à ce que le contrat arrive aussi vite que ça. »

Il a fallu le contenir un peu

Pour savoir qui est vraiment Karifa Yao, on n’a qu’à parler à Philippe Eullaffroy, directeur de l’Académie de l’Impact et entraîneur de la formation U19, pour laquelle le jeune arrière central joue toujours.

« C’est un jeune qui, quand il est arrivé, avait déjà sa qualité physique et une qualité de duel défensif qui était au-dessus de la moyenne.

Il avait des faiblesses sur les plans tactique et technique. Il avait du mal à bien reconnaître quand il faut défendre au duel et quand il faut être plus attentiste. »

De fait, contrairement à certains jeunes qu’il faut fouetter, il lui a fallu contrôler un peu les ardeurs de Yao.

« Il est très impulsif dans les duels parce qu’il adore ça. Il veut tout le temps aller au combat, il a un gros côté guerrier et il a fallu canaliser ça parce que ça peut être un problème au poste où il joue. »

Prêt physiquement

Yao a un physique d’homme malgré ses 18 ans et, à cet égard, Eullaffroy estime qu’il est déjà prêt à jouer dans les rangs professionnels.

« Sur le plan du physique et de l’agressivité au combat, il n’y a aucun problème. Après, il faut voir comment il va arriver à exploiter ces qualités dans un environnement où tout va plus vite.

La prise de décision est plus rapide, il va falloir qu’il choisisse mieux ses moments. Le fait de passer beaucoup de temps à s’entraîner tous les jours avec les pros va le faire progresser très vite. »

Il estime que toutes les séances d’entraînement qu’il fera avec ses coéquipiers de la première équipe vont l’aider rapidement.

« Il faut le voir évoluer sur plusieurs semaines dans cet environnement, on est persuadés qu’il a la capacité de s’y adapter. Tout est une question de savoir combien de temps ça prendra. »

Joueurs différents

La signature de Yao étonne un peu parce qu’il y a quatre autres arrières centraux d’expérience avec le club, et c’est sans compter Thomas Meilleur-Giguère, 21 ans, qui dispute une troisième saison en prêt avec le Fury d’Ottawa, dans la USL.

Même si Yao doit en théorie se joindre à l’Impact au terme des séries éliminatoires de la formation U19, ça ne veut pas dire qu’il a devancé Meilleur-Giguère dans la hiérarchie.

« C’est une bonne question et ce n’est pas moi qui peux y répondre », a soutenu Eullaffroy, qui a ajouté que les deux joueurs ne devaient pas être comparés.

« Ils ont un profil physique différent et ils sont vraiment différents dans leur panoplie de qualités. »