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La fin de la malédiction?

Phil Mickelson cherche à enfin ajouter le US Open à son tableau de chasse

L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.
Photo AFP L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.

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PEBBLE BEACH, Californie | Quarante-quatre victoires sur le circuit de la PGA, cinq titres majeurs en poches, trois coupes Ryder, 10 coupes des Présidents, mais éternel deuxième à l’Omnium des États-Unis. Phil Mickelson traîne la malédiction à son championnat national.

Six fois, Lefty a mordu la poussière en terminant au second rang à ses 27 présences au US Open.

En 2013, la victoire lui a glissé entre les doigts, alors qu’il était le meneur après 54 trous. Justin Rose l’a devancé par deux coups à Merion.

Il ne manque plus que le trophée de son championnat national à son palmarès, celui qu’il cherche à ajouter depuis deux décennies. Celui qui lui permettrait de compléter son Grand Chelem en carrière à son cinquième essai.

Mickelson pourrait y arriver à l’endroit où il a amorcé sa carrière dans les majeurs, en 1990, quand Hale Irwin l’emportait à Pebble Beach. Serait-ce sa dernière chance ?

Il se fait certainement tard pour le golfeur de celui qui fêtera son 49e anniversaire dimanche. Irwin est le plus vieux champion de l’Omnium américain à l’âge de 45 ans et 15 jours.

Du succès à Pebble Beach

Dans l’histoire des tournois du Grand Chelem, Julius Boros détient le record, alors qu’il avait remporté le Championnat de la PGA à l’âge de 48 ans et quatre mois, en 1968. Old Tom Morris avait gagné l’Omnium britannique 1867 à 46 ans et trois mois. Et en 1986, Jack Nicklaus devenait le plus vieux vainqueur du veston vert à l’âge de 46 ans et deux mois.

Mais Lefty connaît du succès lorsqu’il pose les pieds à Pebble Beach. En 2000 et 2010, il avait respectivement pris les 16e et 4e rangs des éditions de l’Omnium des États-Unis. En février dernier, pour la cinquième fois de sa carrière, le gaucher remportait le AT&T Pro-Am, ici même, en retranchant 19 coups à la normale.

S’il existe un endroit où il peut mettre fin à la malédiction qui l’afflige depuis 1999, c’est bien le fameux parcours iconique californien en bordure de l’océan Pacifique. Ne serait-ce pas là le plus merveilleux des cadeaux d’anniversaire, et du même coup, la fin des railleries ?

En novembre dernier, à son duel contre Tiger Woods au club de golf Shadow Creek à Las Vegas, Woods l’avait taquiné dans la conférence de presse à la veille de l’événement. Alors que Mickelson cherchait à souligner son pedigree, bien que moins éclatant que celui de son adversaire, le Tigre l’avait pincé de quelques « US Open » bien placés.

Discrétion

Lefty a changé sa stratégie cette semaine. Plutôt que de s’élancer avec des collègues en allongeant les billets verts dans des matchs amicaux, il a opté pour des rondes d’entraînement efficaces avec de moins grandes vedettes.

Il a aussi fait l’impasse sur sa traditionnelle conférence de presse avant le championnat. L’Américain cherchait sûrement à éviter le sujet de discussion sur la compétition de ce Grand Chelem, et du même coup de revenir sur l’épineux scénario de Shinnecock Hills, l’an dernier.

Rappelons qu’il avait touché sa balle en mouvement sur le 13e vert lors de la troisième ronde, ce qui avait soulevé un tollé. C’était ainsi sa façon de protester contre les idioties de l’Association de golf des États-Unis (USGA) quant aux Configurations de parcours.

Nouveau directeur

Les critiques nourries des golfeurs à l’endroit des configurations depuis des années ont payé, car le grand patron de la USGA, le machiavélique Mike Davis, a délaissé l’un de ses chapeaux en nommant un nouveau directeur des championnats en John Bodenhamer.

Celui-ci a préparé Pebble Beach avec panache. Jusqu’à présent, aucune plainte formelle des golfeurs et aucune flèche empoisonnée sous les micros ou devant les caméras.

L’Omnium des États-Unis n’a pas perdu son ADN pour autant. Les allées sont étroites, l’herbe longue pénalisante longe les allées et borde les verts qui sont moins rapides que par le passé. Par contre, ceux-ci sont complexes à résoudre par les ondulations et les subtilités du gazon Poa annua.

Celui qui soulèvera le trophée dimanche sera celui qui aura maîtrisé ses coups de fer en approchant les fanions depuis 130 à 150 verges dans les allées, tout en domptant les verts avec un fer droit sans faille. Si l’herbe est haute en bordure d’allées, elle l’est encore plus autour des verts, où elle peut atteindre une hauteur de plus de quatre pouces.

Et comme les petits verts sont réceptifs, les golfeurs devront contrôler la révolution des balles. Le Canadien Nick Taylor a expliqué qu’il utilisera souvent un fer de plus pour éviter les effets rétro sévères.

Le long du littoral du Pacifique, ils auront à se méfier des vents. Pour l’instant, ils ne devraient pas souffler à plus de 15 km/h lors des quatre journées ensoleillées, selon les prévisions météorologiques. En matinée et en fin de journée, le brouillard pourrait se mettre de la partie, tandis que le mercure ne devrait pas dépasser les 20 °C.

Le champion en titre, Brooks Koepka, cherchera à rejoindre Willie Anderson, le seul à avoir remporté trois éditions de suite de l’Omnium des États-Unis.

La ronde initiale s’amorcera à 9 h 45, heure du Québec. Le décalage horaire avec Pebble Beach est de trois heures.


► 119e Omnium des États-Unis

  • Terrain : Pebble Beach Golf Links
  • Lieu : Pebble Beach, Californie
  • Architectes : Jack Neville et Douglas Grant (1919)
  • Champion en titre : Brooks Koepka
  • Bourse totale : 12,5 M$
  • Normale : 71
  • Verges : 7075

Meilleur score sur 72 trous : 268 coups (-16) par Rory McIlroy en 2011

 Le plus d’oiselets consécutifs : 6 par George Burns et Andy Dillard à Pebble Beach et Adam Hadwin à Erin Hills

♦ Plus grand nombre de rondes sous la normale en carrière : 37 par Jack Nicklaus

♦ Couperet le plus élevé à Pebble Beach : +10 en 1972

11 h 13 : Phil Mickelson, Dustin Johnson, Graeme McDowell (heure de l’est)

432 : Record du nombre de rondes au-dessus de la normale pour un tournoi enregistrées sur le parcours sud du club de golf Oakland Hills, au Michigan, en 1996.

157 : Score le plus élevé d’une ronde. La palme revient à J.D. Tucker au club de golf Myopia, au Massachussetts en 1898. Le plus haut score (19) sur un seul trou appartient à Ray Ainsley sur le par 4 du 16e à Cherry Hills en 1938.

6 joueurs à surveiller

Webb Simpson

L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.
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  • Verts atteints en coups prescrits en 2019 : 67,44 % (65e)
  • Proximité du fanion depuis 125-150 verges : 21,6 pieds (27e)
  • Moyenne de coup roulé par vert : 1,74 (43e)
  • Rondes jouées à l’Omnium des É.-U. : 30
  • Score relatif à la normale : +49

Dustin Johnson

L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.
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  • Verts atteints en coups prescrits en 2019 : 70,08 % (13e)
  • Proximité du fanion depuis 125-150 verges : 21,1 pieds (18e)
  • Moyenne de coup roulé par vert : 1,73 (24e)
  • Rondes jouées à l’Omnium des É.-U. : 40
  • Score relatif à la normale : +51

Brooks Koepka

L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.
Photo AFP

 

  • Verts atteints en coups prescrits en 2019 : 70,5 % (10e)
  • Proximité du fanion depuis 125-150 verges : 22 pieds (39e)
  • Moyenne de coup roulé par vert : 1,76 (93e)
  • Rondes jouées à l’Omnium des É.-U. : 22
  • Score relatif à la normale : +7

Phil Mickelson

L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.
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  • Verts atteints en coups prescrits en 2019 : 65,94 % (102e)
  • Proximité du fanion depuis 125-150 verges : 20,3 pieds (7e)
  • Moyenne de coup roulé par vert : 1,74 (29e)
  • Rondes jouées à l’Omnium des É.-U. : 102
  • Score relatif à la normale: +191

Rory McIlroy

L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.
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  • Verts atteints en coups prescrits en 2019 : 70,65 % (9e)
  • Proximité du fanion à l’approche de 125-150 verges : 20 pieds (5e)
  • Moyenne de coup roulé par vert : 1,72 (16e)
  • Rondes jouées à l’Omnium des É.-U. : 30
  • Score relatif à la normale : +49

Tommy Fleetwood

L’Omnium des États-Unis est le seul tournoi majeur qui manque au palmarès de Phil Mickelson.
Photo AFP

 

  • Verts atteints en coups prescrits en 2019 : 67,28 % (70e)
  • Proximité du fanion depuis 125-150 verges : 27,1 pieds (196e)
  • Moyenne de coup roulé par vert : 1,79 (172e)
  • Rondes jouées à l’Omnium des É.-U. : 12
  • Score relatif à la normale : -4

Dans le calepin...

  • Ce 119e Omnium des États-Unis marque le 100e anniversaire du complexe Pebble Beach. Chaque année, il accueille environ 65 000 golfeurs. À plus de 500 $ la ronde, les millions de dollars s’accumulent rapidement. Le US Open y sera de retour en 2027.
  • Dans les commémorations de ce 100e, il faut également souligner le 20e anniversaire de la victoire de Payne Stewart au parcours numéro 2 de Pinehurst. Quatre mois plus tard, le coloré golfeur perdait la vie dans un écrasement d’avion à l’âge de 42 ans.
  • Le champion de l’Omnium canadien Rory McIlroy laissera dans sa valise son chandail des Raptors en territoire des Warriors de Golden State, alors que le 6e match de la finale a lieu ce soir à Oakland, à 180 km au nord de Pebble Beach.
  • En prévision du US Open, McIlroy a retiré son fer 3 de son sac à la faveur d’un quatrième cocheur. Il a compensé en fermant son fer 4 d’un degré. « Si j’ai appris une chose au fil des ans au US Open, c’est qu’il faut vraiment contrôler ses distances. C’est pourquoi j’ai choisi cette option. Je l’ai essayé à Hamilton et je l’adore », a dit celui qui a frappé des dizaines de balles entre 120 et 127 verges, mercredi matin.
  • Jason Day a fait appel à un grand cadet. Il a sorti son compatriote australien Steve Williams de la retraite. « Steevie » était aux côtés de Tiger Woods lors de 13 victoires majeures, dont celle à Pebble en 2000. Day veut reprendre ses bonnes habitudes en travaillant plus fort et il cherche à relancer sa saison. Avec 12 victoires sur le circuit de la PGA, il estime qu’il n’a pas fourni son plein potentiel.
  • Les amateurs qui ont détesté l’Omnium américain 2015 à Chambers Bay pourraient faire des cauchemars dans quelques années. Les dirigeants de la USGA ont affirmé que le parcours grandement critiqué figure dans leurs cartes après 2027. Les verts en fétuque seront toutefois reconstruits en Poa annua. L’endroit était splendide. Le patron de la USGA, Mike Davis, l’avait simplement détruit.