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Le maillon faible

Le maillon faible
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Lionel Carmant est un scientifique respecté, un humaniste et un honnête homme. Nul doute là-dessus. Recruté à la CAQ par François Legault, il a plongé en politique pour une excellente raison : établir une stratégie de dépistage précoce des troubles du développement chez les très jeunes enfants.

Le problème est ailleurs. Comme ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Carmant hérite aussi de nombreux autres dossiers complexes. Lesquels, sous le tandem Barrette-Couillard, ont été fortement négligés. On parle ici des plus vulnérables d’entre nous : protection de la jeunesse, déficience intellectuelle et physique, etc.

Hésitant

Or, peu rompu aux coulisses du pouvoir, on le sent souvent hésitant. La Presse canadienne rapportait même hier que dans la foulée de la mort tragique de la fillette de Granby, son plan d’action visant à alléger les listes d’attente à la DPJ n’est toujours pas prêt.

Heureusement, le premier ministre Legault a pris en charge le dossier plus élargi en créant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent. Une nomination pertinente et rassurante.

Cette situation est néanmoins exceptionnelle. La réalité est que le ministre Carmant doit voir lui-même à réparer les multiples pots cassés à travers le réseau entier des services sociaux. C’est là que le bât blesse. Du moins, jusqu’à maintenant.

Peu visible

On le voit peu. On l’entend peu. Un exemple parmi d’autres : au-delà de l’augmentation enfin annoncée par le ministre de la Famille des subventions aux familles d’enfants handicapés mineurs, qu’entend faire M. Carmant dans le dossier gravement délaissé de la déficience intellectuelle, tous âges et conditions confondus ?

À l’opposé des ministres Danielle McCann à la Santé et Marguerite Blais aux Aînés et Proches aidants, Lionel Carmant semble nettement moins proactif. Pour le premier ministre, si la situation ne se corrige pas d’ici l’automne — et souhaitons qu’elle le soit —, il faudra alors songer à le déplacer.