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Les Québécois ont besoin du pétrole albertain selon Jason Kenney

Les Québécois ont besoin du pétrole albertain selon Jason Kenney

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Le nouveau premier ministre albertain Jason Kenney a un message pour le Québec : arrêtez de mettre des bâtons dans les roues de l’exportation du pétrole de l’Alberta.  

De passage à la Conférence de Montréal du Forum international des Amériques mercredi matin, le chef conservateur albertain s’en est pris ouvertement à la position anti-pipeline du gouvernement de François Legault, qui avaitqualifié le pétrole albertain d’«énergie sale», en décembre. 

« J’espère que vous comprenez la frustration des Albertains face aux politiques qui semblent conçues pour miner notre principale industrie (et) qui limitent notre capacité de l’exporter », a-t-il lancé. 

« L’Alberta a apporté 600 milliards de dollars nets en transferts au reste du Canada ces 50 dernières années. La province qui a profité énormément de ça, c’est le Québec. » 

Selon lui, le Canada et le monde ont besoin des énergies fossiles albertaines et l’opposition du Québec à la construction d’oléoducs est irresponsable. Citant des sondages qui démontrent que les Québécois préféreraient que le pétrole qu’ils consomment provienne du Canada plutôt que de l’étranger, il a martelé que l’énergie fossile consommée au Canada devrait être originaire du Canada. 

Il tend tout de même la main au chef de la Coalition avenir Québec afin de « protéger les champs de compétence des provinces contre l’ingérence du fédéral ». Il en a profité pour critiquer les « taxes sur le carbone » du gouvernement Trudeau, ainsi que le projet de loi C-69, dont l’objectif est de renforcer le processus d’évaluation environnementale.  

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Rendez-vous à Québec 

Après son allocution, l’ex-ministre du gouvernement Harper doit se rendre à Québec afin de rencontrer le premier ministre Legault. Là encore, l’opposition du Québec à l’industrie pétrolière et gazière albertaine est au menu des discussions. 

Or, M. Kenney risque d’être déçu.  

Quelques heures avant de rencontrer M. Kenney, le premier ministre Legault réitérait déjà que les deux hommes ne vont «pas s’entendre sur un oléoduc de pétrole qui va passer sur le territoire québécois». Il n’y a pas «d’acceptabilité sociale» au Québec pour le passage d’un oléoduc, estime M. Legault.   

«On va avoir l’occasion, ce soir, de souper tous les deux tout seuls à mon appartement. Donc, on va avoir l’occasion de faire le point», affirme-t-il maintenant.    

Ouverture face au gaz naturel 

Le premier ministre ne s’oppose toutefois pas au passage d’un gazoduc, comme celui de GNL Québec, qui acheminerait du gaz naturel de l’Ouest canadien jusqu’au Saguenay. «Le gaz, c’est une énergie de transition qui peut permettre de réduire les GES sur la planète», dit-il. 

Jason Kenney a d’ailleurs affirmé que ce projet«serait un bonne expression de partenariat entre les provinces » de l’Alberta et du Québec. Le projet Énergie Saguenay serait alimenté par le gaz naturel de l'Alberta, de la Colombie-britannique et de la Saskatchewan. Il nécessiterait également la construction d’un pipeline en Ontario. 

Les deux hommes ont d’autres points où leurs intérêts convergent. «Je pense qu’on va s’entendre sur le fait qu’on souhaite que les provinces aient plus de pouvoirs, entre autres en matière d’immigration», fait valoir François Legault. Il souligne également que les deux provinces souhaitent augmenter le volume d’échanges commerciaux à travers le Canada.