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Ottawa devrait abaisser le seuil des contributions politiques, disent plusieurs

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OTTAWA – Des voix s’élèvent pour réclamer que le plafond de 3200 $ en dons que peuvent faire les Canadiens chaque année à un parti politique fédéral soit revu à la baisse.

Notre bureau parlementaire rapportait mercredi que des centaines de lobbyistes et grands patrons ont largement contribué à la caisse du Parti libéral du Canada.

Un site web lancé par le Bloc québécois et que le «Journal de Québec» a pu consulter en primeur recense que d’influents représentants d’entreprises ont versé un total de 1,5 million $ au PLC de 2015 à 2019.

Dans le lot, on retrouve des lobbyistes pour des géants du web comme Microsoft et Netflix ainsi que les patrons d’importantes firmes comme Irving et Bombardier.

«La très grande majorité des Canadiens n’ont pas plusieurs milliers de dollars à dépenser en contributions à un parti politique», a souligné en entrevue la politologue Geneviève Tellier, de l’Université d’Ottawa.

Le plafond de contributions individuelles qu’il est permis de faire par année, fixé à 3200 $, devrait ainsi être abaissé, croit-elle.

«Plus il est bas, plus ça traite les citoyens de façon égale, c’est-à-dire que les gens qui ont peu de moyens peuvent contribuer de la même façon que les gens qui ont beaucoup de ressources», a-t-elle ajouté.

C’est notamment ce que réclament le Bloc et le Nouveau Parti démocratique. Les conservateurs se sont quant à eux abstenus de tout commentaire, mercredi. Les libéraux rétorquent de leur côté que le seuil en place est approprié.

Prendre le Québec en exemple?

Bien qu’il soit interdit aux entreprises d’effectuer des dons aux partis fédéraux depuis 2004, le Bloc estime que celles-ci peuvent tout de même le faire indirectement en raison d’un seuil trop élevé.

Le parti demande à ce que celui-ci soit abaissé à 500 $.

Le groupe Democracy Watch soutient pour sa part que le fédéral devrait prendre le Québec en exemple, où la limite est de 100 $.

«Ce nouveau reportage et les nombreux exemples partout au Canada de compagnies qui canalisent les contributions à travers leurs dirigeants et employés [...] montrent clairement que le seul moyen de cesser l’influence politique non-éthique de [grands argentiers] est de [...] limiter les dons à 100 $ comme l’a fait le Québec en 2013», a réagi le président de Democracy Watch, Duff Conacher, par communiqué.

Interpellé sur la question à la Chambre des communes, le premier ministre Trudeau a défendu les règles en matière de financement politique qu'il a mises en place.

Après avoir été secoué en début de mandat par une série de reportages du «Globe and Mail» sur des soirées de financement où on marchandait l’accès à des ministres influents, son gouvernement a changé les règles.

La liste des invités est maintenant rendue publique avant chaque événement et un rapport indiquant combien d’argent y a été amassé est ensuite divulgué.