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Péripéties à 40 000 pieds

Dans son cockpit du Boeing 787-8 après le vol, le commandant du vol AC 739, Rick Reed, qui a envoyé le message du Journal au sol, mardi soir.
Photo François-David Rouleau Dans son cockpit du Boeing 787-8 après le vol, le commandant du vol AC 739, Rick Reed, qui a envoyé le message du Journal au sol, mardi soir.

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PEBBLE BEACH, Californie | Chaque couverture sportive amène son lot de péripéties. Le vol 739 d’Air Canada m’a réservé une belle surprise, mardi soir.

En pleine rédaction des événements de la journée à l’Omnium des États-Unis, je comptais sur la connexion sans fil à bord du magnifique Boeing Dreamliner 787-8 assurant la liaison entre Toronto et San Francisco. Il le fallait pour compléter les articles à propos de Tiger Woods et Brooks Koepka.

Surprise à 10 000 pieds d’altitude, le pilote a annoncé qu’il n’y avait pas de connexion internet à bord. Le genre de nouvelle qu’un reporter ne veut surtout pas entendre lors d’un vol d’une durée de cinq heures. Comment ce bijou d’ingénierie ne peut être muni de bornes de connexion ? Il appert qu’aucun des 787-8 n’est encore équipé du sans-fil. Ils le seraient prochainement, alors que 70 % des gros porteurs déploient internet à bord.

Équipe de feu

Impossible de ne pas livrer les textes avant l’heure de tombée. L’anxiété a grimpé, à défaut de livrer le matériel en entier. Il fallait trouver une solution pour avertir Daniel David au pupitre des sports, à Montréal, qu’il pouvait utiliser les versions enregistrées. Mais comment ?

C’est là que l’agent de bord Philippe Boiselle, un Québécois, et son directeur de vol, Carlo Passarelli, ont tenté une option osée : demander au pilote d’envoyer un message à l’équipe au sol qui serait ensuite relayé au Journal. Une mesure exceptionnelle, comme il s’agissait d’une « urgence journalistique » à 40 000 pieds d’altitude. Après tout, il s’agissait de Tiger et « BK » à Pebble !

Il fallait une courte missive. Plus courte qu’un gazouillis de 140 caractères. Les probabilités qu’elle se rende au pupitre s’arrêtaient à 50 %. Le pilote Rick Reed et la première officière Leslie O’Connell se sont activés en milieu de soirée dans la cabine de pilotage en pitonnant les deux phrases sur la console.

Deux heures plus tard, le directeur de vol m’a avisé que le message s’était rendu à Montréal. En ayant souvent cassé du sucre sur le dos de la compagnie aérienne, il faut avouer que l’équipe en vol a assuré en trouvant une piste pour résoudre ce problème. Le reste du vol a été un charme.

La compagnie a livré le message. Le Journal a publié les textes pour ses lecteurs. Tout s’est bien terminé.

L’aventure a fait changement d’une balle de golf ayant fracassé la lunette arrière d’une flamboyante Peugeot 308 il y a quatre ans à St. Andrews... Les voyages forment la jeunesse, dit le dicton.