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Un ancien fleuron du Plan Nord à vendre pour une bouchée de pain

Stornoway Diamond reçoit une aide d’urgence du gouvernement du Québec

mine stornoway
Photo Marie-Ève Dumont La mine Renard de Stornoway, dans les monts Otish, a nécessité des investissements publics substantiels.

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Un producteur de diamants du nord du Québec qui a reçu un demi-milliard de dollars en investissements du gouvernement du Québec et de la Caisse de dépôt vient d’annoncer se mettre en vente alors que sa valeur totale en Bourse est de moins de 30 millions $.

L’entreprise Stornoway Diamond, qui exploite la mine Renard au nord de Chibougamau, a annoncé hier qu’« un processus de sollicitation de vente et d’investissement formel [...] a été lancé dans l’objectif de solliciter des propositions afin de réaliser une opération de restructuration ».

La minière québécoise a du même coup annoncé avoir reçu une aide additionnelle du gouvernement du Québec de l’ordre de 16,1 millions $ et une aide d’autres créanciers pour lui permettre de rester à flot pendant les quelques mois que pourrait durer ce processus.

Stornoway avait déjà annoncé penser manquer de liquidités d’ici la fin 2019. L’entreprise dit être affectée par un prix du diamant beaucoup plus bas que ce qui était d’abord projeté.

La valeur de l’action de Stornoway s’est effondrée de 90 % depuis le début de l’année. Hier, le titre perdait encore un cent et 33 % de sa valeur pour clôturer à 2 cents.

Situation précaire

En entrevue téléphonique avec Le Journal, le grand patron de Stornoway, Patrick Godin, n’a pas caché que la situation était extrêmement difficile. « Ce qui est important pour nous, c’est d’être capable de se rentrer les épaules pour être capable de passer au travers », a-t-il dit.

Il a indiqué qu’un carat de diamants du gisement Renard se détaillait 150 $ US en 2014. Ce même carat se vend aujourd’hui 80 $ US.

Le projet de mine de Stornoway, dans les monts Otish, était un projet phare du Plan Nord. Autant les premiers ministres Jean Charest que Philippe Couillard en ont fait la promotion active. Il a nécessité un investissement total d’environ un milliard de dollars, dont la moitié provient des poches des Québécois (Investissement Québec, Caisse de dépôt et placement et Fonds FTQ).

En avril, le ministre du Développement économique, Pierre Fitzgibbon, s’était dit inquiet de la situation chez Stornoway, évoquant des « problèmes structurels et conjoncturels ».

Valeur dérisoire

Patrick Godin a reconnu que la valeur actuelle de la mine en Bourse était dérisoire. « Ça ne reflète pas du tout la valeur de l’actif qu’on a », a-t-il dit.

« Ce qui protège un peu Stornoway d’un takeover [hostile], c’est sa dette. L’acheteur va devoir assumer les responsabilités [de la mine] », a-t-il nuancé. Stornoway a affirmé hier avoir retenu les services des banques TD et Scotia pour l’aider à se vendre.

« Toutes les opportunités vont être envisagées. On retourne tous les papiers », a commenté Patrick Godin concernant l’identité des acheteurs potentiels.

STORNOWAY

► Date d’échéance pour trouver un acheteur : 16 septembre 2019

► Nombre d’emplois en jeu : 560 (+ 140 emplois indirects)