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Une erreur de réduire les pouvoirs de la Régie de l'énergie, disent des experts

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Les experts consultés mercredi par Le Journal sont d’avis que le gouvernement Legault commet une grave erreur en ne permettant plus à la Régie de l’énergie de scruter les dépenses annuelles d’Hydro-Québec.

«Je crois que l’on vient de décréter des augmentations de tarifs pour les prochaines années. On enlève le garde-fou des clients d’Hydro-Québec, qui est aussi un monopole», croit l’ancien journaliste et consultant en environnement, Louis-Gilles Francoeur.

Selon ce dernier, la Régie de l’énergie avait réussi à faire baisser les tarifs d’électricité des clients de la société d’État au-dessous du taux annuel d’inflation au cours des dernières années en rappelant à l’ordre bien des fois la société d’État.

Or, avec le nouveau projet de loi présenté mercredi par le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, les consommateurs d’électricité n’auront plus accès aux dépenses de la société d’État pour valider les augmentations de tarifs.

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Des hausses surprenantes ?

Le spécialiste des questions énergétiques de l’Université de Montréal, Normand Mousseau, est d’avis que les prochaines hausses décrétées (après le gel de 2020) pourraient surprendre les clients d’Hydro-Québec.

«Les consommateurs vont se faire avoir dans deux ans, c’est clair. On risque d’avoir des augmentations plus élevées que celles que nous avons eues dans le passé, parce que la Régie de l’énergie ne sera plus là pour surveiller Hydro-Québec», dit-il, en rappelant que le tribunal réglementaire avait très mal joué ses cartes ces dernières années.

Porte ouverte aux poursuites

Le professeur Mousseau croit que les producteurs d’énergie américains pourraient également profiter de cette décision pour contester la situation de monopole d’Hydro-Québec devant les tribunaux «si la Régie ne fait pas son rôle».

Du côté de l’Union des consommateurs (UC), on soutient que la Régie perd beaucoup de son pouvoir de surveillance avec ce projet de loi.

«C’est un tribunal qui sera amputé de ses compétences. Les consommateurs d’électricité seront dorénavant laissés à eux-mêmes. Hydro-Québec aura les coudées franches pour faire à peu près ce qu’elle veut. C’est très inquiétant», a dénoncé l’analyste en énergie de l’UC, Vivianne de Tilly.