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Une renaissance péquiste?

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Après sa dégelée du 1er octobre dernier, le PQ a décidé de s’engager dans une grande entreprise de refondation. Les militants seront consultés. Le public aussi. Au terme de l’exercice, on peut être à peu près certain que le PQ nous dira qu’il est jeune, vert, progressiste et ouvert à la diversité.

Il s’inventera de nouvelles raisons pas trop identitaires de vouloir la souveraineté. Il accompagnera le tout d’une vague promesse référendaire. En gros, il n’aura pas changé.

Appelons ça une opération de marketing politique. Comment ne pas être pris d’une immense envie de bâiller ? Ce film, on l’a vu cent fois.

Échec

Détachons-nous de l’actualité.

L’effondrement du PQ aux dernières élections était plus que probable. Depuis le 30 octobre 1995, il a accumulé les défaites. À l’échelle de l’histoire, le PQ a échoué. Il était censé réaliser l’indépendance et il a perdu ses deux référendums. Les Québécois en sont venus à vouloir tourner la page d’une question nationale n’en finissant plus d’avorter politiquement.

Pire encore : alors qu’il devait défendre l’identité québécoise, il s’est montré timoré, comme s’il craignait de subir les foudres médiatiques du multiculturalisme radio-canadien.

Peu à peu, la CAQ a remplacé le PQ comme principal parti nationaliste. Et depuis son élection, sans toujours éblouir, elle ne déçoit pas.

Il se pourrait toutefois que dans les prochains temps, un certain espace se dégage pour le PQ.

D’ici peu, la CAQ adoptera le projet de loi 21. Ce sera un geste d’affirmation nationale remarquable. Mais si la question de la laïcité continuera d’occuper de la place dans l’opinion, elle laissera de la place pour d’autres dimensions de la question identitaire. Parmi celles-là, la question de la langue et celle de l’immigration.

Sur ces deux questions, la CAQ manque de vigueur. On l’apprenait il y a quelques jours, elle n’a pas encore ramené à la baisse les seuils d’immigration, qu’elle pense déjà à les remonter, comme si elle voulait se faire excuser son audace sur la laïcité.

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De même, sur le plan linguistique, la CAQ n’annonce aucune mesure susceptible de renverser l’anglicisation de Montréal.

En plaidant pour une baisse significative des seuils d’immigration, comme l’y invite Jacques Houle dans son livre Disparaître (Liber, 2019), et pour un renforcement de la loi 101, le PQ pourrait s’emparer à nouveau de la question identitaire.

Il devrait l’imposer clairement au cœur du débat politique. Mais pour cela, il devra rompre avec le politiquement correct et avec cette fausse modération qui n’est souvent qu’une vraie lâcheté.

Indépendance

Le PQ n’a pas besoin d’un énième sondage pour se refaire une beauté. Il doit faire preuve de leadership politique.

À quoi sert un parti nationaliste et indépendantiste s’il ne cesse de fuir le nationalisme et l’indépendance ?

Le PQ devrait chercher à convaincre la population de la justesse de son objectif fondamental. Indépendance, affirmation de l’identité, promotion de la langue française, baisse de l’immigration, critique du gouvernement des juges, défense de la liberté d’expression, nationalisme économique : ces thèmes devraient être au cœur de sa renaissance.