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«Allons gagner la coupe!»

Dès son premier entretien avec Doug Armstrong, l’objectif de Ryan O’Reilly ne faisait aucun doute

«Allons gagner la coupe!»
Photo AFP

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BOSTON | À l’image de son équipe, Ryan O’Reilly est passé par toute la gamme des émotions au cours de la dernière année. En fait, il y a 14 mois, il se demandait s’il n’avait pas perdu l’envie de jouer au hockey. 

Ce message, lancé à la suite d’une autre exclusion des Sabres des séries éliminatoires, était clair. O’Reilly, alors âgé de 27 ans, voulait sortir de Buffalo au plus vite. À tout le moins, il souhaitait voir cette concession, bonne dernière dans le circuit, se secouer les puces. 

Il venait de rater les séries pour la troisième fois en autant de campagnes au sein de cette équipe et ne voyait manifestement pas la lumière au bout du tunnel. Difficile de voir l’amour dans l’air quand la concession avec qui votre contrat est valide pour quatre autres saisons fait du surplace. 

Pendant deux mois et demi, l’Ontarien a rongé son frein. Les discussions entre Jason Botterill et ses 30 homologues de la LNH, dont Marc Bergevin, se sont multipliées. Tout comme les rumeurs. 

Puis, le 1er juillet, la nouvelle est tombée. O’Reilly passait aux Blues de St. Louis en retour de trois joueurs et de deux choix au repêchage, dont celui de premier tour du prochain encan. 

«Je connaissais quelques joueurs chez les Blues. Puis, en regardant la formation plus attentivement, je suis devenu tellement excité. J’ai dit à Doug (Armstrong, le DG des Blues) : “Allons gagner la coupe!”», a raconté O’Reilly, jeudi soir, après s’être vu remettre le trophée Conn-Smythe attribué au joueur le plus utile des séries éliminatoires. 

«Je savais que c’était possible. Je savais que nous avions les bons morceaux pour y arriver. Mais de voir combien c’est difficile d’y arriver, combien tu dois travailler fort et combien tu dois être en contrôle de tes émotions jour après jour, fut une grande leçon pour moi», a-t-il indiqué. 

Côtes fêlées 

Il faut dire qu’avant de soulever la coupe Stanley, O’Reilly n’avait jamais franchi le premier tour. Il n’avait pris part aux séries éliminatoires qu’à deux occasions, chaque fois avec l’Avalanche du Colorado, en neuf saisons dans le circuit Bettman. 

O’Reilly a appris à la dure mentalement, mais aussi physiquement. Il a pratiquement joué la moitié de ses séries avec des côtes fêlées. Une blessure qu’il a d’abord subie au deuxième tour contre les Stars avant de l’aggraver en finale de l’Association de l’Ouest contre les Sharks. 

«Il y a eu quelques matchs plus difficiles. Certains soirs, ça me dérangeait lors des mises en jeu. Par chance, l’équipe médicale a fait du bon travail pour calmer la douleur. Avec l’adrénaline, en plus, il m’arrivait d’oublier la blessure.» 

Ces malaises ne l’ont pas empêché d’être l’attaquant le plus actif dans les cercles avec 615 mises en jeu et d’être l’un des plus efficaces en finale (54,7 % contre 57 % pour Patrice Bergeron). 

Mais on retiendra surtout la contribution d’O’Reilly sur la feuille de pointage. Ses 23 points constituent un record d’équipe. De plus, il est devenu le premier joueur de l’histoire à marquer dans chacun des matchs 4, 5, 6 et 7 d’une finale de la Coupe Stanley. 

«C’est un joueur implacable. Jamais, il n’abandonne. Jamais, a lancé Craig Berube, son entraîneur. C’est un joueur spécial, intelligent dans les deux sens de la patinoire.» 

Tour du chapeau à la Gainey 

D’ailleurs, avec maintenant la coupe Stanley et le Conn-Smythe en poche, O’Reilly pourrait compléter sa première saison à St. Louis en mettant la main sur le trophée Selke, remis annuellement au meilleur attaquant défensif. Un exploit que seul Bob Gainey a réalisé, en 1979. 

Brayden Schenn ne serait pas surpris de voir son coéquipier compléter ce « tour du chapeau » mercredi prochain, lors de la cérémonie de remise des trophées. 

«Il pourrait rafler les trois la même année. Ce gars est une bête partout sur la glace. Il a pris l’équipe sur ses épaules. Il croyait en nous, il nous a montré le chemin, a-t-il soutenu. Je le connais depuis longtemps. C’est un grand homme et encore un meilleur coéquipier.» 

Et dire qu’O’Reilly avait perdu le goût de jouer au hockey.