/news/green
Navigation

Directeur parlementaire du budget: la tarification du carbone est insuffisante pour atteindre les cibles de l'Accord de Paris

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA – Le gouvernement fédéral n’a pas l’intention d’augmenter sa taxe sur le carbone au-delà des niveaux prévus, bien que le directeur parlementaire du budget (DPB) estime que celle-ci devrait atteindre l’équivalent de 23 cents le litre d’essence d’ici 2030.

Dans un rapport publié jeudi, le DPB Yves Giroux conclut que la tarification fédérale du carbone devrait se hisser à 102 $ la tonne en 2030 afin que le Canada atteigne ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Accord de Paris en taxant le carbone.

Le Canada, avec sa tarification en vigueur depuis avril, n’est pas en voie d’atteindre son objectif de réduire ses émissions de GES de 30 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005, selon lui.

«Il y a un écart de 79 Mt [millions de tonnes] d’émissions de GES par rapport à la cible de l’Accord de Paris en 2030 selon les politiques et les mesures actuelles», explique M. Giroux dans son rapport.

Son bureau a donc calculé qu’Ottawa, pour éliminer cet écart, devrait imposer une tarification additionnelle de 6 $ la tonne en 2023, laquelle augmenterait graduellement pour atteindre 52 $ en 2030.

En Saskatchewan, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et en Ontario, où une taxe fédérale de 20 $ la tonne est déjà en place, la tarification totale du carbone se hisserait ainsi à 102 $ la tonne en 2030.

Cela se traduirait par une hausse de 23 cents le litre d’essence en 2030, par rapport au prix du carburant en 2018, a indiqué M. Giroux.

À la Chambre des communes, les conservateurs ont sauté sur l’occasion pour accuser les libéraux de vouloir faire payer davantage les contribuables pour une taxe qui échoue à réduire les GES.

«Est-ce que le gouvernement va admettre avant les élections qu’il prévoit effectivement une taxe de 25 cents sur le litre d’essence?» a lancé le député Pierre Poilièvre.

La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna a toutefois fermé la porte au scénario élaboré par le DPB.

«Nous n’allons pas augmenter la taxe après 2022, a-t-elle rétorqué. C’est le plan qui a été négocié avec les provinces et territoires. Nous faisons exactement ce qu’on a dit qu’on allait faire.»

Selon le plan d’Ottawa, la taxe fédérale sur le carbone doit augmenter de 10 $ la tonne par année pour se stabiliser à 50 $ en 2022.

Malgré les conclusions du DPB, Mme McKenna maintient que le Canada atteindra ses cibles de réduction des GES.

«Le rapport [...] ne prend pas en compte de nouvelles mesures que nous implantons déjà», a-t-elle fait valoir. Elle a mentionné au passage l’intention du gouvernement de s’attaquer au plastique à usage unique et des investissements «historiques» dans les énergies renouvelables et le transport en commun.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.