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Surdoses d’opioïdes: tous les pompiers premiers répondants équipés de naloxone

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Pour prévenir les décès, les pompiers premiers répondants de toutes les casernes de Montréal sont maintenant formés pour administrer la naloxone, un antidote aux surdoses d’opioïdes. 

L’implantation a commencé en début d’année dans des quartiers plus à risque, comme le centre-ville, Mercier et Hochelaga et depuis la fin mars, les 67 casernes sont équipées. 

«Depuis que les premiers répondants ont commencé à administrer la naloxone sur le territoire, nous avons déjà une dizaine de cas ou les personnes recourues on recommencer à respirer d’elles-mêmes et étaient éveillées lorsque les paramédics d’Urgences-santé sont arrivés», a fait savoir Richard Liebmann, directeur adjoint du Service de sécurité incendie de Montréal. 

L’oxycodone, la morphine, la codéine, l’héroïne sont tous des exemples opioïdes. Une surdose peut entraîner un ralentissement important ou l’arrêt de la respiration, pouvant causer des lésions cérébrales, un coma ou la mort. 

Depuis 2014, les ambulanciers d’Urgences-santé ont administré la naloxone 600 fois. L’antidote est efficace en quelques minutes, mais ses effets sont temporaires et peuvent durer moins longtemps que ceux des drogues. La personne intoxiquée a quand même besoin d’aide médicale. 

La naloxone, disponible gratuitement et sans prescription dans les pharmacies, peut être administrée, entre autres, par voie nasale. 

Situation sous contrôle 

À l’échelle du pays, 4460 personnes sont décédées d’une surdose d’opioïdes en 2018, soit 360 de plus qu’en 2017, d’après les données dévoilées jeudi par l’Agence de santé publique du Canada. Au Québec, on compte 424 décès l’an dernier. 

«Montréal est sous contrôle, a assuré la mairesse Valérie Plante. Nous sommes heureusement loin d’une situation de crise comme Vancouver ou Toronto, mais nous devons être vigilants.» 

À l’approche de la saison des festivals, elle implore les gens d’être prudents. «Habituellement, au printemps au début de l’été on a une hausse des cas», a indiqué Julien Couturier, chef de la qualité des soins chez Urgences-santé. 

D’après la Direction régionale de santé publique de Montréal, il y a eu 10-11 décès par mois relié à une intoxication probable aux drogues ou opioïdes dans la région de Montréal en 2017 et 2018. En 2019, ce chiffre est tombé à cinq décès par mois. «Il n'y a pas eu d'augmentation des décès par surdose au cours de la dernière année dans la région de Montréal», a-t-on indiqué. 

Rappelons qu’à l’été 2017, le CIUSSS du Centre-Sud de l’île de Montréal avait lancé un appel à la vigilance, en raison d’une augmentation de surdoses. La présence de fentanyl, 40 fois plus puissant que l’héroïne, avait été détectée. 

Pour l’année 2017, le Bureau du coroner du Québec avait recensé 71 décès par intoxication à des opioïdes dans l’île de Montréal, dont la majorité était accidentelle. 

La Ville de Montréal planchera bientôt sur une stratégie de réduction des méfaits avec la Direction régionale de santé publique, le SPVM et les milieux communautaires. 

-Avec la collaboration d’Yves Poirier