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UPAC: manque de formation des enquêteurs pour traquer les bandits à cravate

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Pour traquer les bandits à cravate, l’UPAC ne doit plus se limiter à recruter des policiers-patrouilleurs, mais miser davantage sur des agents ayant une formation universitaire. 

C’est ce que recommande le comité de surveillance de l’escouade présidé par l’ex-recteur de l’UQAM, Claude Corbo, qui met en lumière d’importantes lacunes quant à la formation des enquêteurs.

Aux yeux de la ministre de la Sécurité publique, le rapport déposé jeudi à l’Assemblée nationale démontre que le précédent gouvernement libéral «n’a jamais eu l’intention réelle ou l’intérêt réel de s’attaquer au problème de la corruption au Québec».

Geneviève Guilbault soutient que les libéraux ont transformé l’UPAC en corps de police sans toutefois lui donner les outils nécessaires pour remplir son mandat. «Si quelqu’un doit être tenu responsable des problèmes qu’on observe à l’UPAC, c’est le Parti libéral», a-t-elle pesté.

Dans les premières lignes du document de 158 pages, Claude Corbo précise d’emblée ne pas s’être penché sur les problèmes de dysfonctionnement de l’UPAC qui ont fait les manchettes dans le passé.   

L’ex-recteur ne va pas jusqu'à suggérer d’interdire à un policier ayant obtenu le statut d’enquêteur dans un autre corps de police de devenir limier de l’UPAC. Il insiste toutefois sur l’importance d’embaucher des gens plus spécialisés dans les crimes économiques.   

«La lutte efficace contre la nature et les caractéristiques de la corruption dans les contrats publics requiert impérativement le recours à des compétences diversifiées liées à plusieurs disciplines universitaires. Une expérience de patrouille-gendarmerie et d'enquête policière générale ne procure pas en soi cette diversité de compétences », ajoute-t-il. 

L'École nationale de police doit s'adapter 

Claude Corbo croit que l’École nationale de police devrait d’ailleurs adapter son offre de formation pour permettre à des universitaires de suivre rapidement un cours pour obtenir le statut d’enquêteur. 

En plus du manque de formation des limiers, le comité montre du doigt les problèmes de l’escouade dans ses relations avec les médias et avec ses partenaires, qu’on pense par exemple au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Puisque l’UPAC est en voie de devenir un corps de police indépendant, le président Corbo demande aussi au gouvernement Legault de hausser le budget accordé à l’escouade. 

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