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Récréations prolongées: le ministre contredit son propre ministère

Des commissions scolaires ont fait des changements d’horaire qui n’étaient finalement pas nécessaires

Récréations prolongées: le ministre contredit son propre ministère
Photo Simon Clark

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Les commissions scolaires déplorent la confusion entourant la prolongation des récréations annoncée l’an prochain, alors que le ministre de l’Éducation a donné des directives contraires à celles transmises précédemment par son propre ministère.

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En entrevue au Journal mercredi, le ministre Jean-François Roberge a précisé que la période de 20 minutes de récréation obligatoire deux fois par jour était comprise entre la fin d’une période de classe et le début d’une autre, ce qui pouvait inclure 15 minutes de récréation et 5 minutes de «battement», soit le temps que les élèves s’habillent pour aller jouer dehors.

Cette modification au régime pédagogique a été officiellement entérinée mercredi et entrera en vigueur le 1er juillet.

Or au cours des dernières semaines, des commissions scolaires ont contacté le ministère de l’Éducation pour avoir des précisions à ce sujet, après que le ministre a annoncé deux périodes de récréations obligatoires de 20 minutes par jour, en février.

Le ministère leur avait alors indiqué «qu’il s’agissait de 20 minutes dehors» et non de «20 minutes en tout», affirme Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires. «Tous les ajustements d’horaire ont été faits en fonction de cette réponse-là», ajoute-t-il.

M. Fortier a donc été «assez étonné» d’entendre le ministre donner la consigne inverse au cours des derniers jours. «Ce n’était pas clair», lance-t-il, tout en précisant qu’il ne veut pas «lancer de roches à personne».

Changements d’horaire non nécessaires

Certaines commissions scolaires ont donc apporté des changements à leur horaire pour l’an prochain qui n’étaient finalement pas obligatoires, souligne M. Fortier.

Dans la région de Québec, c’est le cas de la commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud : les cours débuteront 10 minutes plus tôt le matin l’an prochain, pour permettre aux enfants d’avoir des récréations de 20 minutes, excluant la période prévue pour l’habillement et le déplacement des élèves.

Or l’horaire en place prévoyait déjà 15 minutes de récréation accompagnées de 5 minutes de «battement», si bien que la modification d’horaire n’était pas obligatoire.

«Nous avons travaillé avec la consigne ministérielle d’un temps de 20 minutes de récréation. (...) À ce stade-ci, il n’est pas possible de revenir en arrière», a indiqué la porte-parole de la commission scolaire, Louise Boisvert.

De son côté, la commission scolaire de Montréal avait indiqué à son personnel récemment qu’elle ne modifierait pas ses horaires l’an prochain, puisqu’ils prévoyaient déjà 15 minutes de récréation et 5 minutes de «battement», donc une période de pause d’un total de 20 minutes.

Au cabinet du ministre Roberge, on a précisé en soirée jeudi que le règlement a été édicté cette semaine et que les modalités d’application ont été envoyées au réseau scolaire. «La situation est claire pour tous», a affirmé son attaché de presse, Francis Bouchard.

«Nous sommes conscients que, dans certains milieux, la mise en œuvre du nouveau règlement pourrait comporter des défis d'organisation scolaire», a-t-il ajouté.

Des syndicats d’enseignants ont manifesté mercredi contre la manière dont cette nouvelle mesure a été mise en œuvre, alors que d’autres ont récemment déposé une pétition au ministre à ce sujet, dénonçant son improvisation dans ce dossier.

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