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Des excuses pour Louis Robert

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François Legault présente ses excuses à l’agronome et lanceur d’alerte Louis Robert, congédié en janvier par son gouvernement, mais absout son ministre de l’Agriculture.

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« Je veux, au nom de l’État québécois, m’excuser auprès de Louis Robert. On va avoir des discussions avec lui sur comment trouver le moyen de le réintégrer ou le compenser », a dit le premier ministre vendredi.

Il a ajouté par la suite avoir « complètement confiance en mon ministre de l’Agriculture ». Il a mis l’entière responsabilité du cafouillage sur le dos d’un fonctionnaire. « C’est la responsabilité d’un sous-ministre », a-t-il lancé en chambre, à la suite de plusieurs questions des partis d’opposition.

La veille, à la suite d’un rapport dévastateur de la protectrice du citoyen, le ministre de l’Agriculture André Lamontagne avait annoncé que M. Robert pourrait réintégrer son poste s’il le désirait, sans toutefois s’excuser ou reconnaître une faute. Il l’a fait vendredi en chambre.

D’autres raisons

L’agronome d’expérience Louis Robert a été limogé en janvier après avoir dévoilé à des médias des « documents accablants » démontrant l’ingérence du secteur privé dans la recherche publique sur l’utilisation des pesticides.

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À ce moment, M. Lamontagne avait laissé entendre que d’autres raisons justifiaient le départ de M. Robert. Il a admis vendredi que ce n’était pas le cas. La protectrice Marie Rinfret a dévoilé que le MAPAQ n’avait pas respecté la loi sur les lanceurs d’alerte.

« Ce que la protectrice nous dit, c’est que, dans le traitement du dossier de Louis Robert, il y a eu des erreurs. Le sous-ministre M. Dion nous a remis sa démission ce matin. Ce matin, on a eu un conseil des ministres spécial. On a mis fin à son contrat dès aujourd’hui », a soutenu M. Legault.

M. Dion devait prendre sa retraite en juillet. Il va donc partir quelques semaines plus tôt. Il aura également droit à une indemnité de départ de 33 000 $. « Le montant de l’indemnité n’est pas faramineux. Ce n’était pas évident qu’on aurait pu le congédier pour cause », a-t-il dit.

« Manquements majeurs »

La secrétaire générale Geneviève Masse – qui a depuis été promue sous-ministre adjointe – a « commis des manquements majeurs » dans le traitement de cette plainte. Le traitement médiatique à son égard est une sanction acceptable, estime François Legault. « En fin de compte, c’est le sous-ministre qui prend la responsabilité. On me dit que [Mme Masse] est une personne compétente », a-t-il dit.

Pour l’opposition toutefois, ce n’est pas suffisant. « Le ministre a laissé entendre que d’autres informations sur le congédiement de M. Robert seraient rendues publiques, et vous avez également tenu ce discours. Est-ce que vous croyez que les employés de l’État puissent maintenant avoir confiance, alors que le premier ministre lui-même a porté atteinte à la réputation de M. Robert ? » a dénoncé le chef libéral Pierre Arcand.