/finance/business
Navigation

La VG met Québec en garde au sujet de la valeur de la C Series

Coup d'oeil sur cet article

Quoi qu’en pense le gouvernement, la valeur de l’investissement de 1,3 G$ dans la gamme d’avions C Series pourrait chuter de manière « significative », avertit la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc.

Même si le placement a perdu 170 millions $, selon une évaluation effectuée l’an dernier par Airbus, Québec refuse toujours d’en réduire la valeur comptable, s’entêtant à reproduire le chiffre de 1,3 milliard $ dans les plus récents états financiers du Fonds du développement économique, déposés jeudi à l’Assemblée nationale.

Pour justifier le maintien à 1,3 G$, le gouvernement soutient qu’il « va recouvrer son investissement » à partir du moment où il pourra le revendre, le 30 juin 2023. Pour en arriver à cette conclusion, Québec dit s’être appuyé sur les « projections financières » préparées par Airbus, qui tiennent notamment compte des synergies que doit apporter le géant européen à la C Series, rebaptisée A220 l’an dernier.

« Importants risques »

Mme Leclerc prévient toutefois que « les estimations et hypothèses » sur lesquelles s’appuie le gouvernement « sont assujetties à d’importants risques et incertitudes, connus et inconnus, de sorte que les résultats réels pourraient différer ».

« Ces écarts pourraient être importants et amener une variation significative de la valeur du placement au moment du rachat », ajoute-t-elle.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Jeudi, pour la première fois, Québec a donné une idée de la grande sensibilité de deux des principales hypothèses sur lesquelles s’appuie son évaluation du placement : les coûts de production et les prix de vente par avion.

« Une variation défavorable de 2 % d’une de ces hypothèses entraînerait [une diminution de] la valeur [...] du placement sous son coût », peut-on lire dans le document rendu public jeudi.

Rappelons qu’Airbus a fait de la réduction des coûts de production de l’A220 une priorité.

Depuis le 1er juillet 2018, Airbus contrôle l’A220 avec une participation de 50,01 %, aux côtés de Bombardier (33,55 %) et de Québec (16,44 %).