/news/currentevents
Navigation

Le père de la victime estime que Mukendi a pris le contrôle de sa maison

Le témoin dit avoir eu l’impression que l’accusé l’avait remplacé dans son rôle de père, le faisant passer «pour un démon» auprès de ses proches.

Coup d'oeil sur cet article

Le père de la victime alléguée du pasteur Paul Mukendi, accusé notamment d’agression sexuelle, a témoigné vendredi que l’accusé avait «pris le contrôle» de sa maison, ses proches le mettant à l’écart lui qui n’était pas membre de l’église Parole de Vie.

Le père de la présumée victime a été interrogé par la couronne vendredi matin sur les effets qu’avait eus la présence de celui qui se surnommait «l’apôtre de la ville de Québec» dans sa famille.

D’emblée, l’homme a admis qu’il avait accepté la présence du pasteur dans sa demeure, croyant que celle-ci «pouvait aider sa famille». «J’ai accepté qu’il vienne vivre chez nous, c’est un homme de Dieu, donc il va nous aider à éduquer nos enfants».

Perte de contrôle

Toutefois, la situation aurait rapidement «dérouté» a insisté le témoin, qui a livré un témoignage par moments décousu, soulevant quelques objections de la défense.

Selon lui, Mukendi aurait pris l’ascendant sur sa femme et ses enfants grâce à son rôle dans l’église Parole de Vie.

«On essayait de placer la religion comme ce qui va gérer notre famille. Si vous ne raisonnez pas comme lui (Paul Mukendi) raisonne, vous êtes le démon. Je devais me conformer à ce monsieur que j’avais hébergé chez moi», a expliqué le père de la plaignante.

Le témoin a notamment cité en exemple une interdiction de consommer de l’alcool qui aurait été imposée par Paul Mukendi. «Il disait qu’on ne boit pas en présence d’un homme de Dieu».

Mis dehors

Questionné sur sa réaction face à la situation, le témoin a affirmé avoir eu peur de réagir, craignant que le tout se retourne contre lui. 

«J’avais peur de réagir parce qu’on venait d’arriver (au Québec). J’avais peur d’être accusé de violence conjugale. J’espérais que ma femme allait comprendre que nous étions en train de dérouter», a souligné l’homme, qui estime avoir été «mis dehors» de chez lui.

«Mon ex m’a dit ceci : ‘’Si tu ne peux pas prier avec nous, si tu ne peux pas être avec Dieu, tu ne peux pas être ici. Nous avons un homme de Dieu qui nous a été envoyé et tu ne veux pas faire partie de ça’’», a-t-il ajouté, précisant ensuite avoir lui-même quitté le domicile familial pour suivre un cours professionnel dans une autre région. Il aurait à ce moment perdu contact avec sa fille, la présumée victime, pendant quelques années.

Courriels supprimés

En après-midi, une ancienne fidèle de l’église Parole de Vie qui a côtoyé le pasteur et la plaignante a été appelée à la barre.  

La femme a confirmé que Paul Mukendi lui avait déjà demandé de supprimer des échanges de courriels qu’ils avaient eus. La plaignante prétendait dans son témoignage que le pasteur lui avait fait les mêmes demandes.

Le témoin a également affirmé que la plaignante l’avait surprise alors qu’elle s’apprêtait elle-même à avoir une relation sexuelle avec M. Mukendi, ce qui permettait à la poursuite de corroborer certains éléments du témoignage entendu plus tôt cette semaine.

Rappel de faits

Rappelons que Paul Mukendi, à la tête de l’église Parole de Vie, est accusé d’agression sexuelle, de voies de fait armées, de voies de fait et de menaces de mort sur une ancienne fidèle de son église. Les faits reprochés se seraient produits sur une période de 14 ans.

La plaignante a témoigné durant quelques jours plus tôt cette semaine, alléguant avoir «appartenu» au pasteur, à qui elle «avait été offerte en offrande». Elle a raconté des agressions violentes, alléguant notamment avoir été blessée par un couteau.

En contre-interrogatoire, la défense a estimé que plusieurs contradictions se glissaient dans le témoignage de la femme. L’avocate de Paul Mukendi, Me Dominique Bertrand, a d’ailleurs questionné la victime sur le fait que cette affaire ne soit que le fruit d’un scénario qu’elle aurait créé.

Le procès se poursuivra la semaine prochaine avec la présentation de la preuve de la défense.