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Pratiquement impossible à copier

Malgré une fin heureuse en séries, il ne faut pas oublier que les Blues ont débuté l’année 2019 au dernier rang du classement général.
Photo d’archives, AFP Malgré une fin heureuse en séries, il ne faut pas oublier que les Blues ont débuté l’année 2019 au dernier rang du classement général.

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Les organisations championnes inspirent habituellement les équipes de leur sport en quête d’un championnat. Mais dans le cas des Blues de Saint-Louis, le modèle qu’ils ont suivi pour se rendre à la coupe Stanley est rarissime. Mais comme il ne faut jamais dire jamais, disons qu’il s’agit d’un exemple pratiquement impossible à copier.

Pensez-y, les Blues pataugeaient au 31e et dernier rang du classement général de la LNH, le 2 janvier. Après 37 matchs, ils présentaient une fiche de 15 victoires, 18 défaites en temps réglementaire et quatre revers en bris d’égalité. Ils se dirigeaient vers une saison de 74 points.

À partir de ce moment, ils ont conservé un dossier de 30-10-5 pour terminer la campagne avec 99 points (45-28-9).

Armstrong était prêt à imploser

Les inconditionnels du Canadien diront que les Blues n’ont récolté que trois points de plus que leur équipe de prédilection. Mais de là à dire que le Tricolore est proche de la coupe, il y a un pas à ne pas franchir.

La remontée des Blues relève du prodige. Comme le dit un message mettant en garde les téléspectateurs lors d’une émission montrant des casse-cous en pleine action : n’essayez pas ça à la maison !

On ne peut même pas dire que Doug Armstrong a été patient avec ses joueurs. Le directeur général des Blues était prêt à faire imploser son équipe.

Les vautours étaient aux abois. Les spéculations envoyaient Vladimir Tarasenko aux Bruins de Boston et Colton Parayko aux Maple Leafs de Toronto.

Armstrong a eu sans doute des discussions, mais il faut croire que les offres ne satisfaisaient pas ses demandes.

Vedette instantanée

L’ascension s’est amorcée avec l’arrivée d’un gardien peu connu jusque-là. Jordan Binnington n’avait effectué qu’une toute petite sortie de 13 minutes avec les Blues à ses six premières saisons professionnelles.

En 32 rencontres, il a remporté 24 victoires contre seulement cinq défaites à la régulière et un échec en bris d’égalité. Il a maintenu un taux d’arrêt de ,927 et une moyenne de buts accordés de 1,89.

Une nouvelle étoile, un clone de Matt Murray était né.

Dans la liste des grands exploits

Mercredi soir, Binnington et ses coéquipiers sont passés à la postérité. La victoire des Blues fait partie de la liste des plus grands revirements de l’histoire du sport. Les sites sportifs débordent d’histoires sur le sujet.

Voici des exemples : dans la LNH, l’édition 1937-1938 des Blackhawks de Chicago avait défait les Maple Leafs de Toronto en finale après avoir terminé cinquième parmi les huit équipes qui formaient le circuit avec une fiche de 14-25-9.

En 1942, les Leafs surmontèrent un déficit de 0-3 pour vaincre les Red Wings de Detroit en finale. En 1991, les North Stars du Minnesota, en dépit d’une maigre récolte de 68 points, passèrent à deux victoires de remporter les grands honneurs contre les Penguins de Pittsburgh.

On peut inclure les deux dernières conquêtes du Canadien dans cette liste.

Au baseball, les Red Sox de Boston avaient effacé un retard de 0-3 contre les Yankees de New York en série de championnat de la Ligue américaine, en 2004. Peu après, ils remportaient la Série mondiale pour la première fois en 86 ans.

Prêts à parier sur le Canadien ?

Pour les Blues, il s’agit d’un premier championnat en 52 ans d’histoire. Alors qu’ils étaient au plus bas en janvier, un de leurs partisans a misé 400 $ sur leurs chances de remporter la coupe, qui étaient de 250 contre 1. L’homme en question, Scott Berry, a gagné la jolie somme de 100 000 $.

Ça aussi, c’est à ne pas essayer à la maison. À moins que, comme monsieur Berry, le Canadien vous tienne à cœur et que votre dévotion pour le CH vous pousse à ne pas regarder à la dépense.

À propos, deux maisons de paris établissent à 50 contre 1 les chances du Tricolore de gagner la coupe l’an prochain.

Êtes-vous prêts à parier là-dessus ?

À quand la prochaine fois?

Comme toutes les équipes qui s’inclinent en finale, les joueurs des Bruins ressentent un vide terrible en ce moment. Pendant neuf mois, ils ont travaillé d’arrache-pied. Ils ont donné tout ce qu’ils avaient.

Fourbus, ils rentrent à la maison avec la sensation que leur effort ne les a menés à rien. Ils ont mal à l’âme. Le coup est dur à encaisser.

Les Bruins en étaient à une troisième participation à la finale en neuf ans. Ils l’avaient emporté contre les Canucks en 2011 avant de s’avouer vaincus contre les Blackhawks en 2013 et les Blues cette année.

Zdeno Chara, Patrice Bergeron, David Krejci, Brad Marchand et Tuukka Rask faisaient partie de ces équipes. Toutefois, Rask était l’auxiliaire de Tim Thomas lors de la victoire contre Vancouver.

Aujourd’hui, tous doivent se demander si une quatrième occasion se présentera.

Chara est âgé de 42 ans. Bergeron aura 34 ans en juillet. Krejci a 33 ans, Rask, 32 ans et Marchand, 31 ans.

Chara a terminé les séries avec la mâchoire fracturée. Bergeron jouait avec une blessure à l’aine.

Les blessures sont plus douloureuses dans la défaite. Il se passera un certain temps avant que les vaincus tournent la page. Mais en septembre, Chara, Bergeron et leurs coéquipiers recommenceront avec l’espoir de se rendre au bout l’an prochain.

Combien pour Binnington?

Les plus gros noms des Blues sont sous contrat pour la saison prochaine. Les joueurs notables à la recherche d’une nouvelle entente sont Carl Gunnarsson et Patrick Maroon, qui seront admissibles à l’autonomie complète le 1er juillet, ainsi que Jordan Binnington, Samuel Blais et Ivan Barbashev qui seront joueurs autonomes avec compensations.

Binnington touchait 100 000 $ avec le Rampage de San Antonio au moment de son rappel par les Blues. Son salaire a grimpé à 650 000 $ à Saint Louis.

Combien gagnera-t-il la saison prochaine?

Il ne faudrait pas s’étonner s’il touchait trois millions, voire plus.