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Trudeau: séquence affreuse!

Justin Trudeau avait repris de l’aplomb en mai. Mais il vient de traverser une séquence qui a de quoi inquiéter ses troupes.
Capture d’écran, TVA Nouvelles Justin Trudeau avait repris de l’aplomb en mai. Mais il vient de traverser une séquence qui a de quoi inquiéter ses troupes.

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L’affaire SNC Lavalin sortie de l’actualité, Justin Trudeau avait repris du poil de la bête. Quelques annonces réussies et un accord avec les Américains avaient donné l’impression que le chef libéral retombait sur ses pattes à temps pour affronter la prochaine élection avec aplomb.

Depuis 10 jours, quelle période affreuse il a connue ! Des erreurs inexplicables et des manques de préparation grotesques ont fait réapparaître ce côté chancelant qui lui a coûté si cher durant l’hiver. Pire, ses réflexes naturels face aux imprévus semblent mal aiguisés pour un chef qui se lance dans le grand combat d’ici quelques semaines.

Je passe en revue quelques éléments marquants de son mois de juin. Je commence en soulignant qu’il a été irréprochable lors des cérémonies sur les plages de Normandie, même si ses larmes à répétition finissent par en indisposer certains. Mais le reste...

Génocide

Impossible de jouer avec ce mot. Pas pour un historien, ni un journaliste, ni un diplomate... mais surtout jamais pour un premier ministre ! L’extermination planifiée d’un peuple constitue une horreur de l’histoire, une tache que peu de pays doivent porter dans leur feuille de route.

Si un rapport exagère en recourant à ce vocabulaire, aussi dramatique que soit la situation décrite, le premier ministre doit garder ses distances. Les conséquences pour le Canada de voir le chef du gouvernement incriminer son propre pays de « génocide » peuvent être énormes. Des conséquences juridiques, des conséquences financières, des conséquences à l’échelle internationale.

Justin Trudeau a changé d’idée au moins trois fois sur la question. D’abord il a accueilli le rapport en gardant une prudente réserve sur le mot. Puis à Vancouver, il avait étonnamment accepté « génocide ». Lundi, lors d’une entrevue à Radio-Canada, il a fait volte-face préférant se rabattre sur l’expression « génocide culturel ». Comme si quelqu’un de sage lui avait expliqué... mais trop tard.

Les bouteilles en papier ?

Son annonce sur le bannissement du plastique devait marquer un grand coup. Il doit s’imposer sur le thème de l’environnement. Mais les réseaux sociaux se sont amusés à profusion de son explication incompréhensible des efforts de sa propre famille en matière de réduction du plastique.

Après de nombreux balbutiements et hésitations, il a fini par échapper que leurs bouteilles d’eau sont en papier... ou en carton ? Euh... Disons que ça clochait côté crédibilité. Pourtant, cette question n’était pas un piège insidieux. Un politicien crie que le plastique est un fléau. Il se fait demander quels efforts il fait personnellement. Il n’avait pas préparé cette question. Inquiétant. Il n’a pas pu improviser pour s’en sortir honorablement. Par exemple, en parlant simplement de l’eau du robinet...

Pas tellement mieux de qualifier cette lettre signée par cinq premiers ministres de provinces de « crise d’unité nationale au Canada ». Ceux-ci s’exprimaient sur le projet de loi C-69 sur l’évaluation environnementale des projets. Annoncer une crise d’unité nationale constitue un triste aveu d’échec quand vous êtes premier ministre.

Questionné le lendemain à l’entrée de la Chambre des communes, il a encore bafouillé.