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Un monde de fous !

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Photo Adobe Stock Notre tolérance ne semble pas avoir de limites.

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Aurions-nous pu imaginer il y a quelques décennies encore que nous nous retrouverions un jour dans l’absurdité et la régression ? Une régression qui nous transforme en robots et nous dépouille à la fois de notre âme, de nos capacités humaines à rationaliser, de nos comportements dictés par notre conscience et notre besoin de magnifier nos vies.

La rectitude politique nous noie. La déification du Moi écrase toute velléité de nous affirmer collectivement. Nous nous inclinons devant chaque personne, la morale de l’une annulant celle de l’autre.

La vérité est réduite à celle de l’individu, qui l’affirme, et le chacun pour soi s’impose.

Plus personne n’a objectivement tort, donc personne n’a objectivement raison. Nos démocraties sont donc dans un cul-de-sac. Notre façon de vivre et d’appliquer nos chartes des droits annonce un séisme spirituel, social et politique.

Le Canada multiculturel a donné naissance à un monde codifié selon des critères les plus régressifs. Chacun est classé, ordonné, reconnu selon le plus petit dénominateur commun. Je, Me, Moi !

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Avant d’être un homme ou une femme, je suis du genre que je ressens. Je suis d’une orientation sexuelle qui peut fluctuer selon mes désirs, lesquels surgissent au gré de mes états d’esprit.

Humanisme universel

Le plus grand pas dans l’histoire de l’humanité s’inscrit au XVIIIe siècle, le siècle des Lumières. L’humanisme porté par Voltaire, Montesquieu, Diderot a alors affirmé une vérité nouvelle : l’être humain est universel.

Nous sommes égaux et nos désirs sont les mêmes partout. Bonheur, amour, dignité ne sont pas réservés qu’aux élites. Chaque homme (au sens de l’époque) recherche l’amour, l’amitié, la reconnaissance sociale.

Et voilà que par une dérive politique, nous nous retrouvons à nier l’universalité des êtres. On nous ramène au clan, à la tribu, à la race, à notre sexe, à la religion. Demain, certains exigeront d’être reconnus comme extraterrestres ou avatars ou s’autoproclameront divins et nous nous inclinerons. D’ailleurs, cela existe déjà.

Démagogues

Et l’on se demande pourquoi « le monde ordinaire » se sent utilisé, pourquoi dans nos démocraties l’on perçoit ce besoin de retourner en arrière, de chercher des gourous, des imposteurs et des démagogues de tout acabit qui savent flatter les foules et les rassurer avec des formules-choc en forme de tweets.

Les fondamentalistes religieux, particulièrement les islamistes qui prêchent le djihad à la grandeur de la planète, ont beau jeu dans cette époque quasi décadente.

Le Canada est pour eux un terrain fertile. Car le multiculturalisme postnational, donc qui rejette l’idée de nation au profit de celle de communauté ethnique, raciale, sexuelle, leur donne raison.

La tolérance ne semble pas avoir de limites, ce qui provoque le malaise de nombre de citoyens. Ces derniers se sentent bousculés moralement et socialement. Ajoutons l’influence des médias qui choisissent souvent de défendre des causes diverses, qu’ils qualifient de progressistes, mais qui heurtent les citoyens qui, eux, croient encore aux normes de décence, d’égalité, de bienséance, qu’on pouvait désigner d’évidentes dans un passé récent.

Le monde est fou, mais d’une folie inquiétante.