/sports/hockey
Navigation

50e saison mémorable pour la LHJMQ

Gilles Courteau compte demeurer commissaire encore un certain temps

Commissaire de la LHJMQ depuis 33 ans, Gilles Courteau a toujours la passion du métier.
Photo Chantal Poirier Commissaire de la LHJMQ depuis 33 ans, Gilles Courteau a toujours la passion du métier.

Coup d'oeil sur cet article

Gilles Courteau est un homme satisfait et comblé. La 50e saison de la Ligue de hockey junior majeur du Québec a été un succès sur toute la ligne. Les festivités entourant cet anniversaire ont donné une belle visibilité à la ligue. Au plan sportif, les Huskies de Rouyn-Noranda ont raflé tous les grands honneurs qu’une équipe peut remporter, soit le premier rang du classement général, la coupe du Président et la coupe Memorial.

La soirée des Rondelles d’or a été l’un des faits saillants de la saison.

En plus de rendre hommage à ses joueurs les plus méritants, la ligue a profité de cette soirée tenue au Capitole de Québec pour dévoiler les 10 premiers noms de la liste des 50 meilleurs joueurs de son histoire.

L’effet Lafleur

Le mandat avait été confié à un comité formé de dirigeants et de journalistes qui pouvaient remonter au début de la ligue. Courteau les a laissés faire leur travail. Il sait que l’exercice a donné lieu à des débats animés. Particulièrement pour ce qui fut de départager qui de Guy Lafleur ou Mario Lemieux a été le plus grand.

« Quand on parle talent, on pense à Mario, dit le commissaire de la LHJMQ.

« Mais le nom de Lafleur revenait toujours en haut de la liste. C’est lui qui a mis notre ligue au monde. Tout le monde était content de voir Mario, Pat LaFontaine, Denis Savard et compagnie au gala. Or, Guy était l’idole de tous ces joueurs.

« Sa présence a été l’élément déclencheur dont notre ligue avait besoin pour rejoindre les amateurs. Les petits amphithéâtres de province étaient bondés quand il passait. Les gens voulaient le voir.

« Sa renommée a fait en sorte que les Remparts de Québec ont été la première équipe à embaucher un spécialiste du marketing et des relations publiques. »

Cette soirée tenue à Québec occupera à jamais une grande place dans l’album souvenir de Courteau.

« On avait réservé un salon après le gala, indique-t-il.

« Les joueurs ont relaxé. Ils ont ressassé les souvenirs de leurs jours dans les rangs juniors. C’était quelque chose à voir ! »

Équipes en santé

En ce qui a trait au présent, les 18 équipes du circuit sont essentiellement en bonne santé financière.

« On sait que les équipes juniors fonctionnent par cycles, rappelle Courteau.

« Quand tu connais du succès, ça paraît dans tes revenus. Nos clubs se portent bien. Il y a plusieurs années que nous n’avons pas eu de déménagement. Le dernier fut celui qui avait envoyé la concession de Lewiston à Sherbrooke. »

C’était en 2012.

Même l’Armada de Blainville-Boisbriand s’est assez bien tirée d’affaire aux guichets, elle qui passait par une première saison de reconstruction et qui devait composer avec la présence de son ancien patron Joël Bouchard dans le voisinage.

« Je croyais que les temps seraient difficiles pour l’Armada cette année, confesse Courteau.

« Joël était une figure populaire là-bas. C’est un gars qui a du charisme. Quand il m’a annoncé son départ pour le Rocket de Laval, je lui ai dit qu’il aurait pu choisir un autre endroit, relate Courteau en riant.

« Mais les choses se sont finalement bien passées pour l’Armada. »

Neuf titres canadiens en 24 ans

La conquête de la coupe Memorial par les Huskies est un neuvième titre canadien remporté par la LHJMQ au cours des 24 dernières années.

La série a commencé en 1996 avec les Prédateurs de Granby, qui étaient dirigés par Michel Therrien et qui comptaient notamment dans leurs rangs Francis Bouillon, Georges Laraque, Daniel Goneau, Xavier Delisle, Benoit Gratton et Jason Doig.

Les Olympiques de Hull ont suivi l’année suivante avec Claude Julien derrière le banc et Martin Biron, Pavel Rosa et Christian Dubé comme joueurs de premier plan.

Puis ce fut l’Océanic de Rimouski en 2000 avec Doris Labonté comme entraîneur et Brad Richards, comme vedette ; les Remparts de Québec en 2006 avec Patrick Roy, Alexander Radulov et Marc-André Vlasic ; les Sea Dogs de Saint-Jean en 2011 avec Gerard Gallant, Jonathan Huberdeau et Nathan Beaulieu ; les Cataractes de Shawinigan en 2012 avec Éric Veilleux et Michael Bournival ; les Mooseheads de Halifax en 2013 avec Dominique Ducharme, Nathan McKinnon et Jonathan Drouin ; le Titan d’Acadie-Bathurst en 2018 avec Mario Pouliot et Noah Dobson et les Huskies cette année avec le même Pouliot aux commandes, Joël Teasdale et Dobson.

Les équipes sont entre bonnes mains. Les directeurs généraux et les entraîneurs sont compétents. Plusieurs anciens joueurs ayant évolué dans la Ligue nationale redonnent au circuit québécois.

On n’a qu’à penser à Patrick Roy à Québec, Jocelyn Thibault à Sherbrooke, Sylvain Couturier à Acadie-Bathurst, Philippe Boucher à Drummondville, Bobby Smith, Cam Russell et Éric Veilleux à Halifax.

Espérons que d’autres entraîneurs du circuit suivront les traces de Claude Julien, Alain Vigneault, Gerard Gallant, Michel Therrien ou Bob Hartley.

La retraite attendra

Quant à Gilles Courteau, qui en est à sa 44e année au service de la ligue et à sa 33e dans le rôle de commissaire, il ne voit pas encore la fin de son mandat.

« À mes débuts, j’ai dit à ma femme et mes enfants que je rentrerais à la maison la journée où mon crayon deviendrait pesant, relate-t-il.

« Aujourd’hui, je dis que j’arrêterai le jour où mon laptop sera trop lourd. Mon travail n’est pas routinier. Je suis entouré de jeunes gens dynamiques comme Maxime Blouin, Karl Jahnke, David Brien et Alex Régimbald, qui apportent des idées nouvelles. On a des défis devant nous.

« Quatre-vingts pour cent des membres de notre personnel sont en poste depuis 15 ans. Ce sont des travaillants. »

Pas d’expansion en vue

Courteau a encore des projets. Il aimerait bien réimplanter une concession aux États-Unis. Le territoire de la Nouvelle-Angleterre appartient à la LHJMQ. Mais il n’y a aucun projet sur la planche à dessin depuis que Raymond Bourque a abandonné l’idée d’amener une équipe dans la région de Boston.

Quant au nouvel amphithéâtre de Trois-Rivières, il sera prêt pour la saison 2021-2022. L’ancien défenseur de la LNH Marc-André Bergeron, qui est originaire de la cité de Laviolette, possède le mandat des autorités municipales de dénicher une équipe junior ou professionnelle pour loger à cet endroit.

Des rencontres ont eu lieu entre Courteau et lui. Il faudra voir ce que les Cataractes de Shawinigan en pensent. Ils ont étendu leur visibilité partout en Mauricie depuis la disparition des Draveurs de Trois-Rivières.

D’un autre côté, la présence d’une équipe à Trois-Rivières leur permettrait de retrouver un rival naturel, ce qui faisait le délice des amateurs des deux villes dans le temps.

C’est à suivre.

 

Décision à l’automne

Comme c’est le cas depuis bon nombre d’années, des jeunes joueurs attirés par les collèges américains ne se sont pas présentés à la séance de repêchage de la LHJMQ tenue la semaine dernière à Québec.

Cela a fait dire à Patrick Roy que les joueurs qui tentent l’expérience américaine ne devraient pas être admissibles à jouer dans le circuit québécois s’ils veulent venir y jouer ensuite. Le sujet soulève maintes questions dans la tête de Gilles Courteau.

« Doit-on faire un boucan ? demande-t-il.

« Doit-on adopter une réglementation? Doit-on avoir une approche différente avec les joueurs ? On doit prendre le temps de bien analyser tout ça. »

Entre dire et faire

Le commissaire de la LHJMQ sait une chose. Entre ce que les joueurs courtisés par la NCAA disent et ce qu’ils font, c’est deux choses.

« Plusieurs se présentent au camp de l’équipe qui les a repêchés dans notre ligue afin de voir s’ils vont mériter un poste », souligne-t-il.

C’est pourquoi le comité orientation hockey de la ligue attendra en septembre ou en octobre pour voir si une réglementation est nécessaire.

« Depuis 15 ans, 98 pour cent des joueurs admissibles à jouer dans notre ligue suivent cette voie, indique Courteau.

« Mais quand un joueur choisit de jouer pour un collège américain, ça fait du bruit. C’est frustrant pour l’équipe qui voit ce joueur lui échapper. »

Bourses de 24 000 $

Courteau est conscient que c’est un choix personnel. Or, la LHJMQ offre des bourses aux joueurs qui veulent poursuivre ou reprendre leurs études après leur carrière junior. Les joueurs qui tentent leur chance dans les rangs professionnels ont jusqu’à deux ans pour se prévaloir de leur droit.

Tous les joueurs évoluant dans le circuit québécois peuvent obtenir une somme de 24 000 $ sur une période de quatre ans pour défrayer le coût de leurs études après leur stage junior. Il ne s’agit pas d’un prêt, mais bien d’une subvention faisant partie des offres que la ligue leur donne.

Mais plusieurs parents l’ignorent.

« Je l’ai constaté lors de la tournée que j’ai effectuée dans les 18 villes de notre ligue, à l’occasion des festivités de notre 50e anniversaire, raconte Courteau.

« Ils disaient avoir reçu l’information, mais ne pas y avoir porté attention. »