/sports/baseball
Navigation

De la chance ou de l’instinct?

De la chance ou de l’instinct?
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

BOCA CHICA | Tel un grand sage, Eddy Toledo est confortablement assis à son bureau à l’Académie des Mariners de Seattle, à Boca Chica. Il défile les anecdotes, dont celle rappelant le jour où son instinct l’a poussé à recruter l’excellent joueur dominicain Nelson Cruz, il y a plus de 20 ans.

Rien ne laissait pourtant deviner, à l’époque, que cet athlète allait frapper plus de 1600 coups sûrs dans le baseball majeur, dont 371 circuits.

«Quand j’ai vu Nelson pour la première fois, je m’étais déplacé pour voir quelqu’un d’autre à l’entraînement, soutient d’abord Toledo, qui était alors à l’emploi des Mets de New York. En regardant au champ centre, il y avait ce joueur qui me faisait penser un peu à Bernie Williams. Je me souviens d’avoir dit ça. J’ai demandé à l’entraîneur qui il était, mais il me disait d’oublier ce joueur, que ce n’était pas un jeune particulièrement bon au baseball. Mais j’avais un pressentiment. J’ai insisté pour rencontrer Nelly, qui me disait n’avoir jamais vraiment joué au baseball par le passé. Il faisait surtout de la mécanique avec son oncle et jouait au basketball.»

Incapable de frapper

Portant les couleurs des Twins du Minnesota cette saison, Cruz faisait donc partie de l’équipe de baseball de son quartier à l’époque, mais l’entraîneur ne l’utilisait que très rarement. Pressant le coach de le faire jouer lors du match suivant, Toledo avait rapidement constaté le manque d’expérience de Cruz.

«Au bâton, il n’était pas capable de toucher à une balle, se souvient-il, en riant. Je ne peux pas expliquer pourquoi, mais je lui ai quand même demandé ce qu’il faisait le lendemain. Il me disait qu’il devait aller aider son oncle. Je lui ai dit de rester plutôt chez lui et que j’allais passer pour lui offrir un contrat. On a conclu pour 15 000$.»

«Ses premières années dans la Dominican Summer League ont été un désastre total, poursuit Toledo, amusé. C’est par la suite qu’il s’est développé. On peut dire que je suis le recruteur le plus chanceux de l’histoire.»

Au grand dam de Toledo, les Mets ont cru bon d’échanger Cruz aux Athletics d’Oakland, en août 2000, afin d’obtenir un joueur d’arrêt-court pour combler une blessure subie par Rey Ordonez. Ce n’est toutefois que cinq ans plus tard que Cruz allait finalement accéder au baseball majeur dans l’uniforme des Brewers de Milwaukee.