/finance/business
Navigation

Le ministre Fitzgibbon a été imprudent

La commissaire à l’éthique exclut tout conflit d’intérêts

<b>Pierre Fitzgibbon</b><br />
Ministre de l’Économie
Photo Simon Clark Pierre Fitzgibbon
Ministre de l’Économie

Coup d'oeil sur cet article

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a été imprudent en intervenant auprès de l’industrie aérospatiale à la suite de l’annonce de mises à pied par Bombardier l’automne dernier, conclut la commissaire à l’éthique.

Au cours des jours qui ont suivi la nouvelle des 2500 licenciements, le 8 novembre, l’opposition péquiste a soutenu que M. Fitzgibbon s’était notamment placé en position d’apparence de conflit d’intérêts.

Dans un rapport d’enquête de près de vingt pages déposé vendredi à l’Assemblée nationale, la commissaire à l’éthique Ariane Mignolet observe que M. Fitzgibbon détenait à ce moment directement un bloc de 8300 actions d’un fournisseur de Bombardier, Héroux-Devtek.

Élu depuis un peu plus d’un mois, M. Fitzgibbon disposait encore d’un délai pour placer ses actions dans un mandat sans droit de regard, ce qu’il fera le 12 décembre 2018, relève la commissaire.

Mme Mignolet estime également que les liens d’affaires entre Bombardier et Héroux-Devtek, un fabricant québécois de trains d’atterrissage, étaient limités.

Pour ces raisons, Mme Mignolet conclut que par ses interventions, le ministre n’a pas favorisé ses intérêts dans l’entreprise, dont il a également été administrateur. « Le ministre ne s’est pas trouvé en conflit d’intérêts par la détention d’intérêts dans Héroux-Devtek », écrit-elle.

Imprudent

Mme Mignolet pointe cependant une rencontre de M. Fitzgibbon avec plusieurs représentants de l’industrie de l’aérospatiale, le 12 novembre 2018, à laquelle participait aussi un représentant de Héroux-Devtek. À cette occasion, le ministre avait offert l’aide financière du gouvernement pour minimiser l’impact des mises à pied de Bombardier. « Sur le plan des apparences, il aurait été plus prudent de ne pas intervenir auprès des acteurs d’une industrie dans laquelle il détenait lui-même des intérêts », souligne la commissaire.

Selon le cabinet de M. Fitzgibbon, « le ministre a agi dans l’intérêt du Québec et des Québécois ».