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Le nouveau «Alegria»

Le nouveau «Alegria»
Photo courtoisie

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Alegría a été présenté pour la première fois le 21 avril 1994 sous le Grand Chapiteau dans le Vieux-Port de Montréal. Pour souligner les 25 ans de cet emblématique spectacle, le Cirque du Soleil le revisite tout en respectant la vision de ses créateurs et l’esprit de joie et d’optimisme qui a fait sa renommée. Responsable des costumes à l’époque, Dominique Lemieux se joint de nouveau à l’équipe.

« C’est un mandat très spécial que de refaire le même projet. On n’est plus la même personne. C’est comme lorsque l’on remonte un classique comme une pièce de Shakespeare, il faut avoir les yeux d’aujourd’hui. On le refait au goût du jour », explique la costumière.

Il aura fallu plus de 20 000 heures pour assembler tous les 96 costumes. Le point de départ de Dominique est toujours le dessin. Elle a donc planché à revisiter les costumes, mais le premier coup de crayon a tardé.

« Je dois ressentir ce que je vais faire. Cela m’a pris un bon mois d’adaptation. Ça a finalement cliqué. Et lorsque j’ai vu la réaction de l’équipe à mes dessins, j’ai su que c’était bien. Il peut y avoir tellement d’interprétations entre la parole et la réalisation, une image vaut mille mots », confie-t-elle.

Elle a entre autres voulu souligner la dimension humaine des artistes.

« On met en valeur leurs formes, leurs expressions faciales et leurs cheveux. Le maquillage est moins comme un masque. Ces nouveaux costumes sont plus légers, près du corps et faciles à porter », dit-elle.

Avant Après
Photo courtoisie, Al Seib
Photo courtoisie, M-A Lemire

Dominique Lemieux croit que le retour d’Alegria a tout à fait sa place.

« Jean-Guy Legault, le metteur en scène, et moi avons souhaité célébrer l’allégresse et la résilience, car la joie est plus forte que tout ».

 

Charte des couleurs

Avant Après
Photo courtoisie, Daniel Desmarais
Photo courtoisie, M-A Lemire

Pour la nouvelle mouture des costumes, Dominique a respecté la charte de couleurs d’origines. « Pour le numéro de Powertrack (trampolines en croix), les costumes étaient bleu, or et argent. Maintenant, ils sont bleu et terre. Je trouve qu’ils manquent un peu de brillance, alors on va ajouter un peu de dorure », dit-elle avant d’ajouter, « c’est toujours un aller-retour. Le prototype sert à vérifier les éléments, que le costume fonctionne, qu’il soit sécuritaire et visuellement intéressant. Le premier exemplaire est finalisé dans l’action et les retouches seront appliquées au deuxième exemplaire ».

Avant Après
Photo courtoisie, Camirand
Photo courtoisie

Monsieur Fleur, le personnage principal, tire son inspiration du fou de la cour royale. Sa gestuelle est exagérée, tout comme son costume et ses sourcils broussailleux. « J’ai adapté le costume de Monsieur Fleur à la silhouette longiligne de son nouvel interprète, Eric Davis, tout en travaillant les nuances de rouge vin. J’ai trouvé la forme de bottillons parfaite chez Fluevog. Il doit faire des mouvements intenses et parfois pour deux représentations par jour, mais le talon et le bout pointu ne semblent pas l’incommoder », déclare Dominique. Les artisans de l’atelier ont consacré 300 heures à la fabrication du costume de Monsieur Fleur à lui seul, lequel contient 5 mètres de fil électrique.

 

Innovations

Le nouveau «Alegria»
Photo courtoisie, M-A Lemire

En un quart de siècle, la technologie a évolué et permet de nouvelles réalisations. Les ateliers du Cirque ont toujours repoussé les limites de la création et pour ce nouveau projet Dominique Lemieux était heureuse de partager trois innovations qui offrent des résultats surprenants : l’impression 3D, la technique de sublimation et une nouvelle technique de confection de perruques.

Le nouveau «Alegria»
Photo courtoisie, Donovan Tremblay

« Nous utilisons de plus en plus l’impression 3D. Nous créons des pièces impressionnantes à moindres coûts et avec une grande précision. Par exemple, les cols de dentelle des aristocrates sortent de l’imprimante 3D. Ensuite, on les superpose et on les orne de cristaux Swarovski », confie Dominique Lemieux. La technique d’impression par sublimation offre une grande stabilité de la couleur et des teintes plus vives. « Ce procédé consiste à imprimer une image sur un papier transfert avec des encres spéciales. À l’aide d’une calandre, la matière est passée en sandwich avec le papier imprimé entre des rouleaux qui sont à des températures élevées. L’encre, qui est à l’état solide sur le papier, passe à l’état gazeux et est transférée du papier au tissu. Suite à ce procédé, l’encre fait partie intégrante de ce tissu. Avant, tout était fait à la main», révèle la costumière.

Le nouveau «Alegria»
Photo courtoisie

C’est une chapelière qui a confectionné les perruques pour Alegria et non une perruquière comme par le passé. « Julie Caron est extraordinaire. Elle a développé un processus par lequel on encolle les cheveux de manière à ne pas avoir à les repeigner. Il s’agit d’un mélange de colle et d’eau que l’on applique sur les cheveux en leur donnant la coiffure désirée. Ensuite, on laisse sécher et on vient coudre les mèches de cheveux déjà coiffées sur une base de coiffe. Ceci évite de repeigner les cheveux chaque fois qu’ils sont lavés. De plus, au fur et à mesure que les cheveux sont lavés et qu’ils deviennent souples, il est possible d’ajouter de la colle. Ceci simplifie le processus », précise Dominique Lemieux.

 

Numéros originaux

Le nouveau «Alegria»
Photo courtoisie, M-A Lemire

Parmi tous les numéros du nouveau Alegria, deux sont des prestations originales. La Danse de feu de Lisiate Tovo et La Manipulation des cerceaux d’Elena Lev (qui avait 12 ans à l’époque) se mêlent aux autres numéros inspirés des précédents », précise-t-elle.

Le nouveau «Alegria»
Photo courtoisie, M-A Lemire

 

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