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Les mots dits du samedi

Coup d'oeil sur cet article

 Engueulade 

 1- Marie a quitté ou Marie est partie ? Quitter se conjugue avec un complément d’objet direct. Ex. : Marie a quitté la maison à 21 h. Mais on ne peut pas dire : Marie a quitté à 21 h. Cette phrase fautive provoquerait la question suivante : elle a quitté qui ou quoi ? Au lieu de Marie a quitté, on dira, par exemple : Marie est partie à 21 h. Quitter est aussi utilisé de façon fautive à la place de démissionner. On ne dira pas « Anselme a quitté après une engueulade avec son patron », mais « Anselme a démissionné après une engueulade... » 2- L’erre des ordinateurs ou l’ère des ordinateurs ? Le mot féminin erre désigne la vitesse résiduelle d’un navire sur lequel la force de propulsion n’agit pas. Un bateau est sur son erre lorsqu’il couvre une distance X ou Y sur sa lancée. D’où l’expression être sur son erre d’aller, propre au Québec, qui signifie « en continuant sur sa lancée ». Un cycliste peut pédaler très vite puis continuer sur son erre (d’aller). Par ailleurs, on définit le mot ère ainsi : point de départ d’une chronologie ; période marquée par certains faits de civilisation. Ex. : l’ère chrétienne, l’ère des ordinateurs. Quant au mot air, il désigne évidemment le mélange de gaz constituant l’atmosphère, une manière d’être, une mélodie... Les mots ère, air et erre sont des homophones, des mots au sens différent qui se prononcent de la même façon, comme le terme aire, substantif trouvé dans des locutions comme aire de jeux, aire de repos (halte routière). Une aire est une surface (l’aire d’un cercle) un territoire, un terrain balisé : une aire d’atterrissage ; une aire protégée. 

 Cul par-dessus tête 

 « Existe-t-il un mot français pour désigner un shooter – ce petit verre d’alcool ou de cocktail alcoolisé que l’on boit d’un seul trait ? » veulent savoir Constance C. et Y. Viau. Je ne crois pas qu’il existe un équivalent de shooter en français. Mais, allons-y ! « Un verre que l’on boit d’un seul trait », que l’on boit cul sec, donc ! Un cul-sec, alors... Ce qui, évidemment, n’a rien à voir avec les expressions cul par-dessus tête (à la renverse) ou être sur le cul, ce qui, dans le langage populaire, signifie être épuisé. Une lectrice, Myriam T. a raison, sa tante Gisèle ne peut être diagnostiquée ni greffée. Il est impossible – du moins en ce relatif début de siècle – de greffer quelqu’un. On peut, bien sûr, greffer une cornée, un rein, un foie. Mais pas tante Gisèle, que personne ne peut non plus diagnostiquer. On ne peut pas, en effet, diagnostiquer quelqu’un. On diagnostique quelque chose (chez quelqu’un). Ainsi, on pourra dire : « On lui a diagnostiqué un lymphome » ou « on (le médecin) a diagnostiqué un lymphome »... Tout dépend du contexte ou du reste de la phrase. Peut-on sentencer quelqu’un ? demandait récemment un lecteur, M. Messier. Difficilement. Ce verbe n’existe pas. Il fut un temps (que les moins de 175 ans – ou à peu près – ne peuvent pas connaître !) où le verbe « sentencier » et son participe passé « sentencié » trouvaient place dans le Dictionnaire de la langue française de Littré, qui donnait, ai-je lu quelque part, l’exemple suivant pour appuyer l’usage de ce verbe perdu : Un homme sentencié. 

 Corriger s’il y a lieu  

  •  Charlotte s’habille toujours pareille. 
  •  Des décors bleus marins.  

 Les lettres mêlées 

 E E G N A R T 

 Les mêmes lettres, deux mots. 

 Définitions :  

  1.  Mandataire qui gère une entreprise pour le compte de quelqu’un d’autre. 
  2.  Étonnant, bizarre.  

  

  

  

 Réponses 

 Corriger s’il y a lieu : Charlotte s’habille toujours pareil. Des décors bleu marine. Les lettres mêlées : 1- Gérante. 2- Étrange.