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Salomé Leclerc: ouvrir les pages sans marqueur

Salomé Leclerc
Photo Chantal Poirier

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Le 18 juin, dans le cadre des Francos de Montréal, on pourra entendre l’auteure-compositrice-interprète Salomé Leclerc à L’Astral. Mais inutile d’attendre jusque-là pour découvrir ses goûts littéraires.

Vous pouvez commencer par nous dire pourquoi vous aimez autant la lecture ?

La lecture est associée à un moment suspendu de ma journée. Je dirais même que c’est un moment précieux de ma vie. La pause, le retrait, la douceur qu’elle impose mettent au défi le côté de ma personnalité qui supporte difficilement l’immobilité. La lecture me nourrit beaucoup, me fait voyager, elle est hyper stimulante en période de création. J’ai plus de livres ouverts autour de moi quand je compose que d’albums à écouter. J’ai besoin de mots, de phrases, d’histoires.


De tous les romans qui ont déjà été publiés, quel est celui que vous auriez souhaité avoir écrit ?

Salomé Leclerc
Photo courtoisie

Cinq jours plus tard, cette question m’embête toujours autant ! Si je la lance autrement et que je me demande quel livre ce serait si je n’en avais qu’un seul à garder, je répondrais L’art presque perdu de ne rien faire. Un livre inclassable, ni vraiment roman ni essai... petits bouts de vie, suite de réflexions, offerts avec une poésie dont seul Dany Laferrière a le secret. Je l’ai lu il y a un bout déjà, mais j’ai pourtant l’impression d’y être encore accrochée. C’était une lecture lente, un long souffle. Je me souviens d’avoir traîné, de m’être arrêtée souvent. Me perdre dans mes pensées entre deux phrases, échapper le temps entre deux pages.


Quels sont vos romans fétiches ?

La poésie est sans doute la lecture qui m’inspire le plus. Son format, son rythme, ses images, sa brièveté tracent un lien direct et profond avec ma musique. Je la lis par bribes, ouvrant les pages sans marqueur, laissant le hasard se charger du reste.

  • La douleur du verre d’eau, de Jean-Christophe Réhel.
    Salomé Leclerc
    Photo courtoisie
  • Poèmes, de Marie Uguay.
  • Le livre du désir, de Leonard Cohen.
    Salomé Leclerc
    Photo courtoisie

Il y a aussi ce roman, cette auteure... Une rencontre majeure dans mon parcours d’auteure-compositrice-interprète. Une être d’une grandeur d’âme innommable qui sait déposer son histoire de manière à ce qu’elle nous habite et nous guide longtemps.

  • Ru, de Kim Thúy.
    Salomé Leclerc
    Photo courtoisie

Avez-vous récemment découvert un auteur dont vous avez envie de parler ?

Salomé Leclerc
Photo courtoisie

Juliana Léveillé-Trudel, que je mentionne d’ailleurs dans mon spectacle. Elle a écrit Nirliit, un roman magnifique qui m’a soufflée complètement. Ce livre faisait partie de mes lectures lors de l’écriture de mon plus récent album Les choses extérieures. Il y avait, je trouvais, une similitude dans l’utilisation de l’espace, l’attente, la quête de réponses, l’espoir. J’ai gardé de ce livre une phrase, bougie d’allumage de ma chanson Entre parenthèses. En faire une parenthèse à l’infini est l’image initiale de l’histoire que je voulais raconter.


Quel est le dernier livre qui vous a scotchée à un siège de la première à la dernière page ?

Salomé Leclerc
Photo courtoisie

Je dirais Rien ne s’oppose à la nuit, mais ça pourrait tout aussi bien être les autres livres de cette auteure marquante pour moi, Delphine de Vigan. Je lis habituellement ses livres d’un trait. Son écriture me captive, m’aspire tout simplement.


Et celui qui a réussi à vous bouleverser ?

Salomé Leclerc
Photo courtoisie

L’origine de mes espèces, livre-disque de Michel Rivard. Je l’ai lu après avoir vu son spectacle, ce détail y est pour beaucoup. J’entendais la voix de Michel repassant chaque mot, chaque bout d’histoire, le lisais presque au même rythme que celui du spectacle. L’air des refrains me prenait au détour, la justesse, l’humilité et la sensibilité de son interprétation aussi.


Quel livre lisez-vous présentement ?

J’avais dû remettre à plus tard une lecture que j’avais commencée il y a quelques mois... La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Je m’y replonge ces jours-ci, il était temps !


Enfin, que comptez-vous lire sans faute cet été ?

Salomé Leclerc
Photo courtoisie

Le peuple rieur de Serge Bouchard... qui traîne sur ma table de chevet depuis des mois. C’est une lecture que j’espère depuis longtemps, j’imagine que j’attends le bon moment.