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Somalie: au moins huit morts dans une explosion à Mogadiscio

Somalie: au moins huit morts dans une explosion à Mogadiscio
AFP

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Au moins huit personnes ont été tuées et 16 blessées dans l’explosion d’un véhicule piégé samedi à Mogadiscio, au niveau d’un check-point situé à proximité du parlement.

«Nous avons pu confirmer que huit personnes avaient été tuées et 16 autres blessées dans l’explosion», a indiqué à l’AFP le service d’ambulances privé Aamin. Une seconde explosion sur un axe routier menant vers l’aéroport n’a fait aucune victime. 

Les insurgés islamistes radicaux shebab ont revendiqué les deux attentats, précisant qu’ils «ciblaient des check-points, l’un sur la route de l’aéroport, l’autre sur la route menant à la chambre des députés». 

Dans le quartier du parlement, des témoins ont confirmé à l’AFP avoir vu des victimes étendues au sol. 

«J’ai vu quatre cadavres et quatre autres personnes blessées à cause de l’explosion. Puis, la police a fermé la route, et seules les ambulances pouvaient accéder à la scène», a rapporté un témoin, Abdulahi Mire. 

Selon des sources sécuritaires, le deuxième véhicule piégé, «une Toyota Noah», aurait été repéré par les forces de l’ordre stationnées à un barrage, qui ont ouvert le feu: un des hommes assis à l’avant du véhicule a été tué et l’autre appréhendé. Puis, le véhicule a explosé, sans faire de victime. On ignore si la police a déclenché elle-même l’explosion. 

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales, d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils. 

Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20 000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom). 

Parmi les pays contributeurs de l’Amisom figure depuis 2011 le Kenya, dont l’armée est déployée dans le sud de la Somalie et tente, avec la police, de sécuriser la longue frontière entre les deux pays. 

Somalie: au moins huit morts dans une explosion à Mogadiscio
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Huit policiers kényans tués

Samedi matin, au moins huit policiers kényans ont été tués dans l’explosion d’une mine artisanale au passage de leur véhicule, en patrouille dans le comté de Wajir (nord-est), frontalier de la Somalie. 

«Ce matin vers 10h50, une Land Cruiser avec 11 policiers à bord a été touchée par un engin explosif improvisé», a déclaré dans un communiqué le chef de la police kényane, l’inspecteur général Hilary Mutyambai, qui n’a pas précisé leur sort.  

«Nous avons perdu huit policiers dans cette attaque», a précisé à l’AFP un responsable policier régional, sous couvert de l’anonymat. 

«Les policiers étaient en patrouille entre Khorof-Harar et Konton, dans le comté de Wajir, le long de la frontière entre le Kenya et la Somalie», a précisé l’inspecteur général. 

Plusieurs médias kényans ont rapporté que la localité de Konton avait été brièvement attaquée vendredi après-midi par les insurgés shebab et que ceux-ci auraient enlevé trois réservistes de la police kényane.  

L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer cette information de source indépendante, mais les shebab ont revendiqué avoir mené un raid sur la localité vendredi. 

La patrouille victime de l’engin explosif samedi ferait partie des renforts dépêchés dans la région à la suite des incidents survenus la veille à Konton. 

Le comté de Wajir et ceux voisins de Mandera et Garissa sont régulièrement le théâtre d’attaques-surprises des shebab, notamment contre les forces de sécurité kényanes déployées, entre autres, pour surveiller la frontière. 

L’utilisation d’engins artisanaux contre les patrouilles de police et de l’armée dans les régions frontalières du nord et de l’est est relativement commune. Les shebab ont par le passé revendiqué plusieurs attaques de ce type qui ont tué des dizaines de policiers et de soldats kényans. 

Dans un incident séparé, à Galkayo, dans le centre-ouest de la Somalie, neuf civils ont été sommairement exécutés par une milice locale en représailles à l’assassinat d’un responsable sécuritaire, un assassinat imputé aux shebab par la milice en question. 

Selon des sources policières locales, les miliciens qui ont tué les civils soupçonnent les habitants du clan Rahanweyn installés dans la région de complicité avec les shebab. 

«C’est du profilage ethnique», a dénoncé un proche d’une des victimes, Abdulahi Moalim. «Qu’ont-ils fait de mal? C’est seulement parce qu’ils viennent des régions de Bay et Bakol [centre-sud] qu’ils ont été emmenés» et exécutés, a-t-il ajouté.