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Attaques de pétroliers : l'Arabie saoudite accuse l'Iran

Mohammed ben Salmane
Photo AFP Mohammed ben Salmane

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Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a accusé dimanche l’Iran, grand rival de son pays dans la région, des attaques contre les deux navires-citernes en mer d’Oman jeudi. 

« Le régime iranien n’a pas respecté la présence du premier ministre japonais à Téhéran et a répondu à ses efforts (diplomatiques) en attaquant deux pétroliers, dont l’un était japonais », a déclaré le prince dans une interview au quotidien Asharq al-Awsat.L’Iran, également accusé par les États-Unis de ces attaques, a nié avec véhémence toute implication.  

Les attaques sont survenues près du détroit d’Ormuz, par lequel transite le tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.  

Elles ont visé jeudi un navire japonais transportant du méthanol et un pétrolier chypriote transportant du naphta, au moment où le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe était en visite à Téhéran dans l’espoir d’apaiser les tensions entre Iran et États-Unis.  

« Nous ne voulons pas une guerre dans la région (...) Mais nous n’hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux », a averti MBS.  

L’Iran, riverain du détroit d’Ormuz, a menacé à plusieurs reprises de le bloquer en cas d’attaque des États-Unis.  

Plus tôt samedi, le ministre saoudien de l’Énergie, Khaled al-Falih, avait quant à lui demandé « une réponse prompte et décisive aux menaces sur les approvisionnements en énergie » découlant des « récents actes terroristes ».

Appel à ne pas « exploiter » l’affaire Khashoggi

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a mis en garde dimanche « tous ceux qui exploitent » l’affaire de la mort du journaliste Jamal Khashoggi, dans une critique voilée contre la Turquie.

Les rapports entre la Turquie et l’Arabie saoudite se sont brusquement tendus après la mort brutale du journaliste saoudien à l’intérieur du consulat de son pays à Istanbul.

Des responsables turcs ont été les premiers à affirmer que le journaliste disparu début octobre avait été victime d’un homicide, pressant les Saoudiens de dire où était passé son corps, jamais retrouvé.

« La mort de Jamal Khashoggi est un crime très douloureux », a affirmé le prince héritier saoudien dans un entretien avec le quotidien Asharq al-Awsat.

« Tous ceux qui exploitent l’affaire d’un point de vue politique devraient arrêter de le faire, et présenter des preuves au tribunal, ce qui contribuera à rendre justice », a-t-il poursuivi, sans nommer la Turquie.

Le prince a dit souhaiter des relations étroites avec « tous les pays islamiques y compris la Turquie ».

Selon des informations de presse, la CIA estime que l’assassinat a probablement été commandité par Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait du royaume.

Le régime saoudien le dément, affirmant qu’il s’agit d’une opération non autorisée par le pouvoir.

Dans la procédure lancée devant la justice saoudienne, l’accusation a innocenté le prince héritier et mis en cause plus de 20 personnes impliquées, réclamant la peine de mort pour cinq hommes.

Jamal Khashoggi, qui avait émigré aux États-Unis, était un critique de «MBS».

Le prince héritier a réaffirmé que son pays s’engageait à « faire toute la lumière » sur cette affaire.