/finance/business
Navigation

Faire rayonner le français au travail

Faire rayonner le français au travail
Ginette Galarneau, PDG de l’Office québécois de la langue française. Photo Martin Alarie

Coup d'oeil sur cet article

En collaboration avec   

  

Qu’ont en commun le Cirque du Soleil, PhysioExtra, ADS Canada et Kinova ? Toutes ces entreprises ont à cœur de mettre le français de l’avant dans leur milieu de travail. Leurs efforts viennent d’être récompensés par l’Office québécois de la langue française lors du Gala des Mérites du français au travail, dans le commerce et dans les technologies de l’information (TI) qui s’est tenu lundi dernier.  

Depuis 29 ans, l’Office récompense des entreprises pour leurs réalisations remarquables en matière de promotion et d’usage du français dans leur milieu de travail. Cette année, l’Office a reçu un grand nombre de candidatures, parmi lesquelles 23 organisations se sont démarquées comme finalistes. Face à la qualité des dossiers soumis dans la catégorie Organisations d’au moins 100 employés, le jury a même décidé d’accorder un Mérite à trois entreprises plutôt qu’une en soulignant leurs accomplissements dans différents volets. Et les lauréats sont...      

Au salon Urbain de la Place des Arts lors du Gala des Mérites du français 2019 le 10 juin dernier. Sur la photo : Josianne Pouliot de Kinova, Ginette Galarneau, PDG de l’Office québécois de la langue française, et François Lafond, de ADS Canada.
Photo Martin Alarie
Au salon Urbain de la Place des Arts lors du Gala des Mérites du français 2019 le 10 juin dernier. Sur la photo : Josianne Pouliot de Kinova, Ginette Galarneau, PDG de l’Office québécois de la langue française, et François Lafond, de ADS Canada.

Kinova : pour que tous communiquent en français  

Dans le volet Français au travail, c’est Kinova qui a été récompensée pour avoir soutenu et accompagné ses employés anglophones dans l’apprentissage de la langue française. Depuis 2017, l’entreprise, qui conçoit et fabrique des solutions robotiques pour améliorer les capacités humaines, offre à son personnel des cours de français donnés par des formateurs externes. Afin d’éviter que les employés perdent leurs acquis durant la période estivale, deux membres de l’équipe des ressources humaines ont organisé des ateliers de francisation sur l’heure du dîner.      

Ces initiatives ont permis aux employés anglophones de mieux s’intégrer à la culture francophone ainsi que d’échanger avec d’autres collègues en français. Le Mérite du français vient couronner « plus d’un an et demi de travail, et nous sommes très contents des résultats obtenus », a souligné Josiane Pouliot, coordonnatrice, Développement de talent et formation.      

PhysioExtra : quand la qualité du français fait la différence  

Chez PhysioExtra, bien communiquer en français, c’est crucial ! Il y a huit ans, l’entreprise, qui exploite un réseau de cliniques privées spécialisées en réadaptation, s’est dotée d’un service de correction et de révision des rapports transmis par ses thérapeutes aux compagnies d’assurance. Et c’est bien plus qu’un filet de sécurité linguistique. L’équipe de révision s’assure en effet que les informations et les diagnostics sont rendus de façon précise et accessible. Elle veille également à la qualité, la cohérence et la conformité de l’ensemble des communications de l’organisation.      

Au-delà de la révision, cette équipe a joué un rôle important dans l’accompagnement des rédacteurs et des rédactrices anglophones qui a contribué à améliorer la qualité des rapports qui sont produits chaque jour. « Au sein de notre organisation, tous ont à cœur la qualité du français », a affirmé Pierre Manabre, adjoint au fondateur de l’entreprise qui est lauréate dans le volet Service à la clientèle.      

Cirque du Soleil : des activités ludiques au programme  

Même si l’anglais est très présent au Cirque du Soleil, dont les productions se promènent à travers le monde, c’est le français qui est la langue de travail. Pour arriver à ce résultat, l’entreprise a pu compter sur l’engagement de son personnel, notamment les membres du comité de francisation. Il est constitué d’employés d’origines culturelles diverses qui ont tous en commun l’amour du français et qui contribuent activement à son rayonnement.      

Appuyé par la direction, le comité a usé d’imagination pour mettre sur pied plusieurs initiatives ludiques, dont une dictée basée sur un texte de Robert Charlebois lue par le président du conseil d’administration, Mitch Garber. « C’était tout un défi pour un anglophone, même s’il parle bien le français, de lire un texte dans la langue de Charlebois, raconte Richard Imbeau, directeur des ressources humaines, Services corporatifs. Le personnel a grandement apprécié. »      

D’autres initiatives, notamment la création d’une bibliothèque mobile, la conception d’un recueil de textes, la mise en place de formations et une collecte de livres pour les jeunes issus de milieux défavorisés, ont permis de placer le français au cœur des activités de l’organisation qui est lauréate dans le volet Comité de francisation.      

Faire la place au français chez ADS Canada  

ADS Canada, un fabricant de tuyaux en polyéthylène dédiés à la gestion des eaux pluviales, fait la preuve qu’il est possible de travailler en français pour une entreprise dont le siège social est aux États-Unis.      

La division canadienne de la multinationale compte 5500 employés, dont 75 sont basés à Saint-Germain-de-Grantham, au Québec. Faire en sorte qu’ils puissent opérer en français a été une tâche ardue et ponctuée de défis pour l’entreprise, qui est lauréate dans la catégorie Organisation de 50 à 99 employés.      

En effet, tous les outils, les documents d’accompagnement, les équipements informatiques et les procédures de travail étaient en anglais, rédigés dans une langue de spécialité. Un traducteur et une équipe de programmeurs ont donc aidé à rendre disponibles en français le logiciel de gestion intégré, le système de contrôle de la qualité, les documents ainsi que le système de formation et de maintenance de l’entreprise.      

« Tout au long du processus de traduction, nous avons pu bénéficier du soutien de l’Office, a tenu à préciser François Lafond, directeur d’usine. Au début, cela a quand même été difficile de faire comprendre à la direction d’ADS l’importance du fait français au Québec. Au-delà du travail de traduction, c’est aujourd’hui toute la culture de l’entreprise qui a été francisée. »