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Femme de tête: croître tout en gérant de façon humaine

Deuxième édition propose des vêtements de seconde main de luxe depuis quatre ans et sa popularité ne fait que grandir

GEN-L'avant-première pour les medias de l'Édition 2019 de l'événement unique Le Montréal du Future
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Catherine Paiement-Paradis, dans les locaux de son entreprise, sur la rue Beaubien Est, à Montréal.

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Tout en gardant en tête de voir son entreprise devenir rentable dans un avenir rapproché, l’entrepreneure Catherine Paiement-Paradis tente d’en gérer la croissance tout en restant concentrée sur le bien-être de son équipe. Une étape primordiale pour celle qui imagine sa compagnie rayonnant à l’extérieur du Québec très bientôt.

« Mon objectif à long terme, c’est de faire de l’argent », lance Catherine Paiement-Paradis du tac au tac.

Dans quelques jours, Deuxième édition, sa boutique de vêtements de seconde main de luxe célébrera ses quatre ans d’existence. Tandis que tout a commencé par un site web de vente de vêtements en ligne dont le siège social se trouvait dans la chambre d’amis du condo de Catherine Paiement-Paradis, son entreprise grandit maintenant de façon organique. Elle a aujourd’hui pignon sur rue à Montréal et emploie cinq personnes.

« J’ai commencé avec un plan de cinq ans sous les recommandations de mon père qui est homme d’affaires, explique l’entrepreneure qui n’avait à l’origine de l’expérience que dans les médias. Il m’avait dit que je roulerais trois ans dans la gravelle et qu’ensuite ça commencerait à décoller. »

Et c’est exactement ce qui est arrivé.

Gérer la croissance

La boutique en ligne a vite pris une ampleur colossale, forçant Catherine à accumuler ses pièces ailleurs que dans sa salle à manger, moins d’un an après la création de sa boutique en ligne. Ensuite, elle a donné un accès limité aux clientes à son nouveau local où elle conservait les stocks, puis une véritable boutique a ouvert ses portes l’an dernier sur la rue Beaubien.

« L’important quand tu regardes ton entreprise évoluer, c’est de ne pas sauter d’étapes, reconnaît Catherine. La croissance de Deuxième édition a été organique et c’est ce qu’il fallait. Mon père dit toujours “petit à petit, l’oiseau fait son nid”. »

Pour elle, il était impensable de louer un local la première année. Ce n’est pas là où elle était rendue et ça aurait probablement été une erreur.

« J’ai toujours su qu’il fallait que ça grossisse, mais il ne faut pas avoir les yeux trop grands dès le départ », assure la trentenaire.

Sa première employée ne travaillait que trois jours par semaine avec elle, puis peu à peu, elle a pu se permettre davantage d’aide.

« Il faut toujours garder ses dépenses au minimum et ne pas mettre trop d’argent dans le matériel. Ma boutique est belle, mais je n’ai pas fait refaire les planchers, par exemple. Ça se peut que ta boutique soit incroyable et bien située, mais c’est le plan qui est derrière ton entreprise qui mérite ton investissement. »

À son image

Encore aujourd’hui, Catherine souhaite que son entreprise lui ressemble en tout point et elle a encore la possibilité de « microgérer ».

« Mes clientes, je les aime et je les chéris, confie-t-elle. Mes 15 meilleures clientes reçoivent une carte de Noël avec un cadeau à dépenser en boutique. Il faut toujours être en mesure de gérer de façon humaine. »

C’est d’ailleurs pourquoi elle a refusé un partenariat avec un regroupement international de boutiques en ligne qui, selon elle, lui aurait fait perdre le contact privilégié avec la clientèle et le contrôle de la qualité du produit.

La gestion humaine, c’est aussi sa vision pour ses employées.

« Mon expérience de vie m’a amenée à gérer comme ça, raconte-t-elle. J’ai travaillé pour des compagnies où la façon dont tu te sens au travail n’était pas prioritaire. Moi, mes employées me reprochent parfois d’être trop gentille. Et c’est parfait comme ça. »

C’est, pour elle, une façon de montrer à son équipe qu’elle la respecte.

« J’ai une équipe à mon image. Il n’y a pas de conflits [chez mes employées] et je sais que leur bien-être se reflète dans leur sentiment d’appartenance et dans la qualité de leur travail », promet l’entrepreneure.

D’ici cinq ans, Catherine souhaiterait que le nom « Deuxième édition » soit connu de tous et que les gens qui n’en ont jamais entendu parler soient de moins en moins nombreux.

« Je voudrais me faire connaître au Canada anglais, espère-t-elle. J’ai fait traduire mon site et il est tout beau pour être bientôt lancé officiellement. Les États-Unis et la France sont aussi dans mon projet, mais je ne veux pas me tuer et je veux que ça avance à mon rythme. »

<b><i>Femmes de tête</i></b><br/>Les Éditions du Journal
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Femmes de tête
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Meilleure décision

Ouvrir la boutique sur Beaubien pour pouvoir acquérir un nouveau marché qui ne se trouvait pas sur internet, ce qui a fait exploser les ventes. Le web, c’est bien, mais les gens aiment encore essayer ce qu’ils achètent.

Pire décision

Ne pas croire en mon sentiment. Toutes les fois dans mon parcours où j’ai laissé les autres me faire douter de moi, j’ai eu tort de les écouter. Il n’y a pas plus grande vérité que celle qu’on a dans nos tripes.

Un conseil aux jeunes entrepreneurs

Assure-toi d’avoir la passion nécessaire pour le faire. Ça ne sera pas toujours une partie de plaisir. Partir en affaires, c’est un avion qui part, mais qui pogne une poignée de garnotte. Assure-toi d’avoir les reins assez solides et un coussin financier pour les imprévus. Ça va coûter plus cher que tu pensais.