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Géants du web: Nathalie Roy veut que le fédéral réforme le CRTC

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La ministre de la Culture, Nathalie Roy, réclame un engagement ferme du gouvernement Trudeau pour qu'il révise en profondeur la réglementation du CRTC afin de pouvoir affronter mieux réglementer les géants du web.

«Les vieilles lois du CRTC qui régissent télévision radio et j'en passe, elles ne sont plus bonnes. Tout est à revoir, la structure est à revoir», s'est-elle exclamée en entrevue exclusive à TVA nouvelles.

Nathalie Roy a la ferme intention de passer des messages à son homologue fédéral, Pablo Rodriguez, lors de la rencontre annuelle du ministre fédéral et des ministres provinciaux de la Culture et du Patrimoine mercredi prochain à Halifax.

«Je vous dirais qu’au cours des cinq dernières années, la situation s'est détériorée à une vitesse exponentielle. Aucun ministre à Ottawa ou à Québec n'a osé dénoncer cette réalité. C'est le temps d'agir maintenant, ce n'est plus le temps d'attendre nos entreprises sont sur le respirateur artificiel et, on perd des emplois, des emplois importants, des emplois payants», s'insurge la ministre de la Culture.

Le ministre fédéral du Patrimoine souhaite discuter de la question à Halifax.

«J'ai lu avec intérêt les propos de Mme Roy, a répondu Pablo Rodriguez dans une déclaration transmise par courriel à TVA Nouvelles. J’ai hâte de la rencontrer pour lui parler de tous nos investissements en culture, et de notre annonce de 650 millions $ pour appuyer les médias. Tous les gouvernements doivent travailler ensemble pour investir et s’attaquer à la crise des médias. J'espère que le gouvernement du Québec va se joindre à nous pour appuyer concrètement le journalisme.»

Se battre à armes égales

La forte pénétration des géants américains comme Netflix, Google, Facebook fait craindre le pire à la ministre.

Entre 2010 et 2016, les investissements publicitaires en ligne ont plus que doublé passant de 420 millions à 900 millions. Ce sont les géants Facebook et Google qui ramassent la part du lion soit 72 %.

Durant cette période, les investissements publicitaires en télévision ont chuté de 7 %, ceux dans les quotidiens écrits de 27 %.

Toujours selon le Canadian Media Concentration Research, la baisse des investissements publicitaires dans les magazines se chiffre à 30 %.

«Les plateformes numériques font pratiquement ce qu'elles veulent, alors que nos médias traditionnels doivent avoir des règles très strictes, on ne se bat plus à armes égales et tous les revenus partent sur les plateformes. Ça ne marche plus», a alerté Nathalie Roy, qui s’inquiète carrément de l’avenir de la culture francophone si aucune action n’est prise.

Notre Bureau d'enquête révélait en avril que le gouvernement Legault avait mis sur pied un comité interministériel afin de trouver une solution pour aider les médias en difficultés.

«On va arriver très rapidement avec des propositions importantes, parce qu'il y urgence d'agir. On considère que ça va répondre aux demandes à l'égard de la presse écrite», s'est engagée la ministre, qui n'a pas l'intention de revenir les mains vides d'Halifax.