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Le message porte ses fruits

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Lorsque le pourcentage de gens se prononçant pour des investissements plus substantiels en transport collectif se rapproche autant que celui pour les routes, c’est signe que le discours tenu par des élus d’influence commence à porter ses fruits.

C’est ce que démontre notre sondage Léger publié samedi et qui regorge de données fort révélatrices d’un certain changement de mentalité. En effet, 43 % pensent qu’il faut investir davantage en transport collectif, comparativement à 51 % dans de nouvelles routes. Je suis convaincue que le même sondage n’aurait absolument pas donné les mêmes résultats il y a moins de 10 ans.

Les élus évoluent

Les élus évoluent aussi. Rappelez-vous qu’en 2013, Régis Labeaume a pendant longtemps été réticent par rapport au tramway et il doutait fortement des vertus du transport en commun. À son adversaire à la mairie, lors d’un débat devant la Chambre de commerce en 2013, il avait même lancé qu’il ne connaissait pas 100 personnes qui rêvaient de prendre l’autobus à Québec.

Depuis, il a rajusté le tir pour prôner la mobilité durable, heureusement, et il s’est fait le porteur du projet de transport structurant de Québec. À Montréal, sa collègue Valérie Plante en fait tout autant avec des projets comme la ligne rose, dont elle rêve pour sa ville.

Pour nos enfants

Il faut se réjouir de cette lente, mais certaine évolution du tout à l’auto vers le transport collectif dans nos villes québécoises.

Car après tout, «là, on n’est plus en train de défendre les ours polaires, écrivait sur Twitter Karel Mayrand, directeur de la Fondation David Suzuki, lors de la grande manifestation pour le climat qui a eu lieu à Montréal en avril. Je suis ici en train de défendre mes deux enfants de 14 ans. À mon âge, la planète sur laquelle on va vivre ne leur permettra pas d’avoir la qualité de vie dont je dispose aujourd’hui.»

M. Mayrand a tout à fait raison. Imaginez si l’on se fait du souci pour les animaux, à quel point on a toutes les raisons du monde de s’inquiéter pour nos enfants.

C’est là qu’interviennent nos élus, car ce sont eux qui ont le pouvoir d’offrir des solutions aux citoyens qui souhaiteraient délaisser ou moins utiliser leur voiture. Ce sont eux qui ont le devoir d’élaborer des visions d’avenir portées par des notions de développement durable. La croissance économique peut en effet très bien exister sans toujours polluer davantage.

En promettant des projets favorisant l’étalement urbain, comme l’ajout d’un troisième lien à Québec, nos élus ne pensent absolument pas aux générations futures, vous l’aurez compris.