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Omnium des États-Unis: des lancers francs à la victoire à Pebble

Gary Woodland a puisé dans ses souvenirs de basketball, en route vers sa victoire

Gary Woodland est bien plus qu’un puissant cogneur. Il l’a démontré de manière éloquente à Pebble Beach.
Photo AFP Gary Woodland est bien plus qu’un puissant cogneur. Il l’a démontré de manière éloquente à Pebble Beach.

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PEBBLE BEACH, Californie | Devant l’inconnu à mener un tournoi majeur en ronde finale, Gary Woodland a plongé dans ses vieux souvenirs alors qu’il maîtrisait à la perfection ses lancers francs au basketball universitaire. Malgré l’adrénaline coulant à flots dimanche, il est resté calme en multipliant les coups d’éclat, en route vers la conquête de l’Omnium des États-Unis.

Le truc du champion ? Faire un décompte dans sa tête pour trouver le calme. Et avec la beauté de Pebble Beach, il pouvait faire le vide en contemplant le paysage le long de la baie de Carmel.

« Je comptais jusqu’à trois avant d’exécuter mon lancer de la ligne. J’étais à 90 % d’efficacité, s’est rappelé celui qui portait les couleurs des Ichabods de l’Université de Washburn à l’époque. J’ai transposé cette technique à chaque coup au golf. Je me calme. »

Outils diversifiés

Justement, son agent Mark Steinberg l’a appelé samedi soir pour l’obliger à faire 30 lancers francs consécutifs en préparation à son départ plus tard dans la journée. Cette technique lui a permis de trouver sa concentration et d’oublier les bruits externes.

La technique a fonctionné puisque moins de 10 heures plus tard, l’Américain levait l’imposante pièce métallique. Sa première conquête majeure à l’âge de 35 ans et le quatrième titre de sa carrière. Il ne figurait certainement pas parmi les favoris. Depuis qu’il est devenu pro en 2007, il s’est toujours battu avec vivacité.

Pour y parvenir, Woodland a diversifié son éventail de coups dans son sac. Reconnu comme un long cogneur, il a très souvent appris à la dure l’importance du jeu court. Un élément capital pour entrer dans le cercle des vainqueurs.

« J’ai travaillé très dur avec mes entraîneurs cette saison pour devenir un joueur plus complet. Je peux maintenant jouer sur différents types de parcours. Les gens croyaient peut-être que je ne pourrais pas gagner le US Open, car je n’étais qu’un long cogneur. Surtout en débarquant à Pebble Beach, un terrain plus court. J’ai prouvé le contraire et montré ce en quoi j’ai toujours cru : que je suis un excellent golfeur.

« J’ai toujours livré une bonne compétition dans tous les sports auxquels j’ai participé », a-t-il enchaîné.

Perfection

Bien que certains indicateurs, autant autour que sur les verts, l’excluaient du top 100, tout est tombé en place à Pebble Beach. Il s’est démarqué avec son jeu long et il a maîtrisé son jeu court sur les surfaces de gazon poa annua.

Il n’y a pas si longtemps, sa délicate approche coupée à l’autre extrémité du vert du 17e fanion en ronde finale n’aurait pu approcher le fanion à moins de trois pieds.

« Quand je me suis mis au travail il y a une quinzaine d’années, c’était épouvantable, pour être honnête », a raconté Woodland.

« À l’entraînement, j’ai commencé à m’exécuter depuis les surfaces du vert. Les surintendants n’étaient pas mes grands fans, a-t-il ensuite blagué en raison des dommages causés. Mais j’ai beaucoup gagné en confiance.

« Plus tôt cette semaine, j’avais fait face à un coup semblable que j’avais réussi. Celle-ci était tout simplement parfaite », a signalé celui qui a utilisé un cocheur de 64 degrés.

Dans le contexte de l’Omnium américain, difficile de croire que le champion n’a commis que quatre bogueys à ses 72 trous et qu’il n’a jamais exécuté plus de deux roulés sur les verts. Ces deux exploits tiennent presque du miracle, même si l’Association de golf des États-Unis a démontré une plus grande clémence quant à la configuration du parcours.

Nul doute, Woodland est sorti de l’ombre avec cette brillante performance en Californie. Il cumulait les bonnes sorties lors des tournois majeurs depuis plus d’un an. Il a résisté à la charge du double champion en titre Brooks Koepka et il a levé avec panache le trophée qu’il convoitait sur un parcours où tous rêvent de gagner. Il a écrit sa page d’histoire.