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Si Trump s’accroche au pouvoir

Si Trump s’accroche au pouvoir
Photo AFP

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Plusieurs Américains craignent que Donald Trump refuse de quitter la Maison-Blanche s’il perd les élections de novembre 2020, surtout si l’avance des démocrates sur les républicains est mince. Le président évoque déjà la possibilité de magouilles démocrates.

Et si jamais il remporte les prochaines élections, ce qui demeure très possible, il pourrait refuser de quitter au terme de son deuxième et dernier mandat. N’a-t-il pas déjà exprimé son admiration pour le président chinois, Xi Jinping, quand ce dernier a aboli la limite de deux termes imposée par le Parti communiste ?

« Regardez, il a pu faire cela. Cette idée me plaît », a-t-il dit lors d’une collecte de fonds privée l’automne dernier. Nous devrions essayer ça un jour ». Dans un tweet hier matin, il a demandé « pensez-vous que le peuple va me demander de rester plus longtemps ? »

Sondages

Le ton était semi-blagueur, mais il a aussi laissé entendre que sa base s’agiterait si quelque chose de déplaisant lui arrivait, rappelant que ses supporteurs incluent des motards, des militaires, des policiers, des agents frontaliers et autres durs « trumpistes ». De plus, il ne cesse de répéter que la Bourse va s’effondrer s’il perd.

Même son ex-avocat Michael Cohen croit qu’il ne quittera pas la Maison-Blanche s’il perd en 2020.

Il nie déjà les résultats de sondages qui le placent deuxième dans des états-clés comme le Texas et le Wisconsin et continue de claironner que son niveau d’approbation dépasse 50 %. Une seule maison de sondages, Rasmussen, d’obédience conservatrice, arrive à ce résultat. La moyenne de tous les autres est de 42,6 %.

Les supporteurs de Donald Trump semblent croire que la vitalité de l’économie américaine excuse son ignorance, son mépris de la Constitution, du Congrès, ses 10 986 mensonges recensés depuis qu’il est président, son admiration pour des dictateurs aux mains tachées de sang, son refus de voir la Russie de Poutine comme un dangereux adversaire, son histoire d’amour avec Kim Jong-un et sa cruauté face aux immigrants illégaux.

Une fillette de l’Inde de sept ans a été trouvée dans le désert de l’Arizona cette semaine, morte de soif, car il est maintenant illégal d’offrir de l’eau, de la nourriture et des couvertures aux migrants. Scott Warren, un prof de géographie et bon samaritain de l’état, fait face à 20 ans de prison pour avoir secouru des migrants malades.

L’homme Teflon

Rien ne colle à cet homme qui demeure obsédé par sa rivale Hilary Clinton, mais qui est incapable de voir ses propres failles de caractère.

Michael Wolff, auteur du livre Le feu et la fureur sur la présidence de Trump, récidive avec État de siège, une exploration de la tête du président. « Il est insensible aux idées et aux faits », raconte son ex-conseiller spécial Steve Bannon, qui partage dans ce livre certains des plus flamboyants bobards que Trump lui a racontés. Le principal problème de Trump n’est pas tant ce qu’il fait – certaines de ses décisions sont excellentes –, mais ce qu’il est. Craindre qu’il s’accroche est une crainte légitime pour quelqu’un d’aussi tordu.