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La Ville de Québec blâmée par le VG pour la gestion de la collecte des ordures

La Ville de Québec blâmée par le VG pour la gestion de la collecte des ordures
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Dix ans après avoir privatisé la collecte des ordures, l’administration Labeaume envisage un retour en arrière en rapatriant une partie du travail à l’interne en raison des ratés des dernières années, soulignés à gros traits dans un rapport accablant du VG.

Dans son rapport annuel 2018, rendu public mardi matin, le vérificateur général de la Ville de Québec, Michel Samson, conclut que «les mesures mises en place pour donner suite avec efficacité et efficience aux plaintes des citoyens ne sont pas suffisantes».

La Ville de Québec avait choisi, en 2009, de confier à des fournisseurs externes la totalité de la collecte des matières résiduelles. Puisqu’il n’y a plus que deux gros joueurs à Québec – Sani-Terre et Matrec (qui a acheté les actifs de Gaudreau Environnement dans la capitale) – la Ville se place ainsi «en situation de dépendance et de vulnérabilité», note le VG.

«La Ville doit donc revoir son modèle pour assurer un service de qualité aux citoyens et réduire le nombre de plaintes. De plus, elle doit intensifier ses efforts pour connaître la cause des plaintes et agir particulièrement sur les plus fréquentes», peut-on lire.

La Division de la gestion des matières résiduelles a reçu pas moins de 17 321 plaintes en 2018, comparativement à 10 492 l’année précédente. Il s’agit d’un bond «considérable» de 65 %, observe M. Samson. La grande majorité des plaintes concernait la «non-collecte des déchets, des matières recyclables, des encombrants et des résidus verts».

Cela dit, une forte proportion de cette hausse est attribuable aux problèmes rencontrés avec le fournisseur Sani-Terre qui peinait à offrir un service de qualité à compter de décembre 2017, rappelle le VG, qui déplore l’«absence de stratégie à moyen terme» de la Ville quand un fournisseur ne remplit pas ses engagements.

La Ville de Québec se défend

Règle générale, la collecte se déroule assez rondement, a plaidé le vice-président du comité exécutif Rémy Normand, attribuant les problèmes vécus en 2018 dans plusieurs arrondissements à une «situation d’exception».

Cela dit, M. Normand a confirmé que la Ville évaluait sérieusement la possibilité de reprendre en régie interne une partie du travail. Les cols bleus se verraient ainsi confier une partie de la collecte dans les arrondissements Beauport, Charlesbourg et Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge. Cette nouvelle façon de faire, qui implique la location ou l’achat de camions ainsi que l’embauche de personnel additionnel, pourrait évidemment entraîner une hausse des coûts, a-t-on reconnu.

Les appels d’offres pour les renouvellements de contrats, pour le privé, comporteront aussi de «nouvelles exigences d’assurance-qualité». La Ville exigera la pose de systèmes de géolocalisation en temps réel et de caméras sur les camions afin de faire une surveillance accrue de la performance de ses fournisseurs et pour pouvoir répondre aux interrogations des citoyens.

Un aveu d’échec, réagit l’opposition

Pour le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, le rapport du VG démontre noir sur blanc que le maire et son équipe ont pris la mauvaise décision en 2009, et n’ont pas mesuré les conséquences à long terme sur la qualité du service en privatisant la collecte des déchets.

«Encore une fois, c’est le vérificateur général qui est obligé de venir dire à l’administration Labeaume comment gérer sa ville mais au moins, on le regarde et on l’évalue. Regardons la possibilité de reprendre en régie certains secteurs, certains districts. Il faut l’évaluer sérieusement», a réagi Jean-François Gosselin.

Jean Rousseau, de Démocratie Québec, y voit aussi un constat d’échec et invite les élus d’Équipe Labeaume à revoir leurs priorités. «Une ville doit savoir gérer ses vidanges avant de savoir gérer le reste. Les gens ont des attentes minimales par rapport à la gestion des ordures et le ramassage de la neige et oui, s’il faut payer plus cher, on le fera mais on regardera aussi les autres dépenses somptueuses qu’on s’offre à Québec...», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

«Je pense que l’administration Labeaume n’a pas d’intérêt envers ces enjeux-là parce que ce n’est pas glorieux. L’équipe en place est ailleurs; on inaugure, on fait des gros spectacles... Moi, je veux que mes vidanges soient ramassées, je veux me promener sans me casser la gueule sur les trottoirs (l’hiver), je veux être capable que mes enfants jouent dans des parcs propres où il n’y a pas d’aiguilles. On commence avec ça puis ensuite, on regardera le reste», a-t-il martelé.