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Comment sauver SNC-Lavalin?

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Que SNC-Lavalin soit au cœur de nos deux immenses projets d’infrastructures : le nouveau pont Champlain et le Réseau express métropolitain (REM), cela n’aide pas pour autant sa cause.  

Neil Bruce, son président des quatre dernières années, vient de démissionner.   

La réputation de la compagnie continue d’être mise à mal par les accusations de fraude et de corruption liées à son travail en Libye.    

  • ÉCOUTEZ Michel Girard qui commente sa chronique sur QUB radio:  

 

Depuis des mois, la compagnie fait l’objet d’une immense controverse politique où les conservateurs et les néo-démocrates accusent Justin Trudeau d’avoir exercé des pressions indues sur l’ancienne procureure générale, l’ex-ministre libérale Jody Wilson-Raybould, en vue de la convaincre de négocier un accord de réparation avec SNC-Lavalin dans le but de lui éviter un procès criminel.   

Et comme on est à moins de quatre mois des prochaines élections fédérales, il est évident que les conservateurs et néo-démocrates vont continuer de se servir de l’appui de Trudeau à la survie de SNC-Lavalin comme bazooka pour lui tirer dessus à boulets rouges.   

Pire encore : le procès au criminel que lui intente le fédéral risque d’empirer la détérioration de sa réputation à l’échelle internationale. Et que dire des conséquences financières catastrophiques si jamais SNC est déclarée coupable ?   

Que peut faire SNC-Lavalin pour se sortir du trouble ?   

CHANGER DE NOM ?  

Est-ce envisageable de repartir sous un nouveau nom ? Ne riez pas !   

J’aimerais vous rappeler qu’après avoir été éclaboussée à la Commission Charbonneau par des allégations de collusion et fausse facturation avec d’autres bureaux d’ingénieurs, la firme de génie-conseil Genivar s’était restructurée en janvier 2014 en devenant Groupe WSP Global.   

Les principaux actionnaires de Genivar, soit la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC) sont... restés les principaux actionnaires de WSP Global, dont le siège social est toujours au Québec.   

Depuis 2014, Groupe WSP Global a presque triplé son volume d’affaires, pour atteindre à la fin de décembre 2018 les 7,9 milliards de dollars. Le bénéfice net a quasi quadruplé, passant de 62 à 248 millions de dollars au cours de la période.    

En Bourse, la capitalisation boursière de Groupe WSP Global s’élève aujourd’hui à 7,5 milliards de dollars. La Caisse détient 18,59 % des actions et l’OIRPC fédéral 19,52 %.   

S’ASSOCIER À WSP ?  

En raison de l’épée de Damoclès (le procès criminel) qui pend au-dessus de SNC-Lavalin, le titre a subi une dégelée. Il y a 12 mois, jour pour jour, l’action de SNC valait 60,38 $.    

Aujourd’hui, le titre a toutes les misères du monde à se maintenir autour des 26,00 $. En chute de 57 % en l’espace de 12 mois.   

Il faut dire qu’en juin 2018, les investisseurs croyaient que la haute direction de SNC allait pouvoir négocier un accord de réparation avec le gouvernement Trudeau, lequel accord allait lui permettre d’éviter un procès criminel.   

Les espoirs ont été anéantis à la suite du refus de l’ancienne ministre Jody Wilson-Raybould d’acquiescer à la demande de Justin Trudeau visant à conclure un accord de réparation avec SNC.   

Conséquence boursière ? Groupe SNC-Lavalin a vu sa capitalisation boursière s’écrouler de 6 milliards $, passant de 10,6 milliards $ en juin 2018 à seulement 4,6 milliards de dollars hier.   

Pour une aussi grande firme de génie-conseil au volume d’affaires de 10,1 milliards de dollars, Groupe SNC-Lavalin représente aujourd’hui une intéressante proie pour les firmes concurrentes.   

Il faut savoir qu’il n’y a aucun actionnaire de contrôle au sein de SNC-Lavalin.   

Le principal actionnaire c’est la Caisse, avec 19,9 % des actions.   

Le second actionnaire majeur de SNC-Lavalin, c’est RBC Global Asset Management, de la Banque Royale, avec un bloc de 16,61 % des actions.    

Fait à noter : RBC Global a acquis deux gros blocs d’actions au cours des derniers mois. Est-ce que la filiale de la Banque Royale se positionne en vue d’une transaction majeure chez SNC ?   

Récemment dans Le Devoir, le chroniqueur René Vézina rappelait que Lavalin avait été sauvée par SNC lorsque les deux firmes se sont fusionnées en 1991.   

Une fusion entre Groupe SNC-Lavalin et Groupe WSP Global ?   

Pas bête ! Après tout, les deux ont le même principal actionnaire : la Caisse de dépôt et placement du Québec.   

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