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Employé du casino presque congédié pour une bouteille de tequila

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Renvoyé après avoir utilisé une petite bouteille de tequila pour faire une blague à un supérieur, un agent de sécurité du Casino de Montréal comptant plus de 20 ans d’expérience pourra récupérer son poste, a tranché une arbitre.

« Je suis également d’avis que le congédiement est une peine nettement trop sévère », a statué dans une décision récente l’arbitre Andrée St-Georges, alors que l’agent contestait son renvoi devant le tribunal d’arbitrage.

L’affaire remonte au 12 juin 2017, tout juste après le Grand Prix du Canada.

Le garde de sécurité en question, qui travaille depuis l’ouverture du casino en 1993 et qui possède un dossier vierge, a remarqué une bouteille de 50 ml de tequila Patron Silver qui traînait depuis quelques jours au comptoir d’accueil.

L’objet, d’une valeur de 10,95 $, était distribué en promotion pour les festi­vités de la Formule 1.

L’homme a décidé de prendre la boisson et de la remettre pour blaguer à un supérieur « pour souligner la fin de ce week-end qualifié d’apocalyptique, en raison de l’affluence occasionnée par le Grand Prix ».

Bris de procédures

Or, s’emparer d’un article ainsi trouvé est un bris de procédures pour les employés du casino.

« Aucun objet [trouvé] ne doit être conservé par un employé, quelle que soit sa valeur, aussi minime soit-elle », souligne-t-on dans la décision.

Quelques jours après avoir remis la bouteille à son supérieur, l’agent de sécurité a été rencontré par la direction du casino.

Il a admis tout de suite son « erreur de jugement » à son employeur, ajoutant que « selon lui, l’objet est banal et qu’il s’agissait d’une blague sans malice ».

On l’a tout de suite suspendu sans solde pour les fins de l’enquête.

Le 4 juillet suivant, on a décidé de le congédier, affirmant que le lien de confiance « a été rompu », et considérant qu’il s’agissait d’un vol, peut-on lire.

À la poubelle

Or, l’arbitre a vu l’affaire d’une autre manière.

« De là à dire qu’il [a volé la bouteille], comme le plaide l’employeur, il y a une marge. On peut certes parler de mauvaise blague et de contravention à la politique, a souligné Andrée St-Georges. L’objet en cause aurait vraisemblablement pris le chemin de la poubelle. »

L’arbitre a ajouté que l’homme n’avait « aucune intention malhonnête », même s’il a joué « avec le feu [...] mais pas au point de perdre son emploi de 24 ans ».

Jugeant que le risque de récidive est nul et que l’agent de sécurité a exprimé suffisamment de remords, l’arbitre a imposé une suspension d’un mois.

Andrée St-Georges a ordonné qu’il soit réintégré par la suite et que le casino lui rembourse « le salaire et les autres avantages dont son congédiement l’a privé ».