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Bilan de la session parlementaire: François Legault estime que le bâillon était nécessaire

Le premier ministre est revenu sur la dernière session parlementaire en entrevue à QUB radio.

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Le premier ministre du Québec, François Legault, a défendu le recours au bâillon pour adopter les projets de loi sur la laïcité et l’immigration, lors de son bilan de la dernière session parlementaire au micro de Benoît Dutrizac, à QUB radio, mardi matin.

«De toute évidence, on savait qu’on ne s’entendrait pas sur ces deux sujets-là avec les libéraux, puis ils faisaient vraiment du blocage [...] C’était vraiment de la perte de temps et il était temps de passer à autre chose», a commenté M. Legault à propos des vives réactions suscitées par le recours à cette mesure d’exception chez les partis d’opposition.

Le premier ministre a d’ailleurs soutenu qu’il y a peu de raisons pour les opposants du projet de loi sur la laïcité d’être surpris que la CAQ l’adopte de façon aussi expéditive puisque le parti en parle depuis cinq ans. «Il était temps que ça se passe», a-t-il tranché même si cette loi contrevient à la Charte des droits et liberté.

  • ÉCOUTEZ François Legault au sujet de l'adoption du projet de loi 21

Respect de la loi

M. Legault a assuré que son gouvernement vaquerait au respect de la Loi sur la laïcité de l’État en imposant des sanctions aux contrevenants, même s’il est optimiste que les institutions publiques l’appliquent comme demandé.

«Pour les commissions scolaires et les municipalités, le gouvernement du Québec a un certain pouvoir, a-t-il expliqué. On peut même aller jusqu’à les mettre sous tutelle, mais je pense que même [la commission scolaire] English Montreal et certaines municipalités vont respecter la loi.»

Questionné par l’animateur Benoît Dutrizac au sujet de l’insatisfaction de plusieurs groupes à l'égard du projet de loi, M. Legault s’est montré lucide.

«Ce ne sera jamais réglé. Il y aura toujours des gens qui voudront soit aller plus loin, soit aller moins loin, mais je pense que c’est un gros pas qui est fait et c’est un grand signal qu’on envoie qu’au Québec, on ne tolère pas les signes religieux pour les personnes en position d’autorité», a-t-il laissé tomber.

Pas raciste

François Legault a d’ailleurs répliqué du tac au tac aux accusations de racisme portées contre lui et son parti par l’ancienne première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, qui écrivait lundi sur Twitter que «c’est un jour triste pour le Canada quand le racisme devient loi».

«C’est épouvantable parce que c’est faux. On ne parle pas de racisme, on parle d’interdire les signes religieux [...] J’aimerais demander à Mme Notley si elle pense que les Allemands, les Belges, les Français qui ont des clauses comparables sont tous racistes. Voyons donc! Qu’elle aille dire ça en Europe que ces pays sont tous racistes», a-t-il lancé.

  • ÉCOUTEZ François Legault au sujet de l'état du réseau routier

 

Quelques citations clés

  • Sur l’état du réseau routier:

«Il faut investir dans les nouvelles infrastructures, mais aussi dans la réparation, la mise à niveau des routes.»

  • Sur la corruption et les dépassements de coûts dans les projets d’infrastructure:

«Je pense qu’il faut rebâtir l’expertise au ministère des Transports et aller mettre le nez dans ce qui se fait dans les différentes régions du Québec.»

  • Sur le «virage vert» de la CAQ:

«Pour le transport en commun dans les grandes villes, c’est vrai qu’il faut en faire plus. D’utiliser plus d’électricité au Québec et moins de pétrole, c’est même bon pour l’économie parce que l’électricité, on fabrique ça chez nous et le pétrole, on l’importe.»

  • Sur le tramway de Québec:

«Il y a un fonds [fédéral] de 5,2 G$ [pour le transport]. On a promis 72% de ce fonds-là pour Montréal et on a promis juste 400 M$ pour Québec et un autre 300 M$ pour Gatineau. [...] Ce qu’on demande à Ottawa, c’est la permission d’utiliser une partie de l’argent pour le tramway à Québec [...] C’est long et c’est compliqué avec M. Trudeau.»

  • Sur sa relation avec le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney:

«Quand je lui parle de l’immigration, il est 100% d’accord avec nous. Quand il nous parle de son pipeline, on n’est pas d’accord parce qu’il voudrait un pipeline qui passe sur le territoire du Québec et les Québécois n’en veulent pas.»

  • Sur la démission de Robert Lafrenière à la tête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC):

«Je ne sais pas [pourquoi il a démissionné] et honnêtement, comme tous les Québécois, je me pose beaucoup de questions sur l’UPAC. Pourquoi les enquêtes n’aboutissent pas? C’est pour ça que je suis content qu’on ait adopté à l’unanimité un projet de loi qui fait que le prochain directeur de l’UPAC, on va le choisir tous les partis politiques ensemble.»

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