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L’effet St. Louis

Lorsque Jordan Binnington s’est emparé du filet des Blues, tout a changé.
Photo AFP Lorsque Jordan Binnington s’est emparé du filet des Blues, tout a changé.

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Depuis la conquête de la coupe Stanley par les Blues de St. Louis, il y a 31 directeurs généraux qui croient être en mesure de gagner l’an prochain, ou du moins de s’approcher de la coupe, et certains d’entre eux vont être très actifs.

On s’entend qu’il s’agit d’une conquête historique, non pas seulement parce que c’est le premier triomphe des Blues en 52 ans d’existence, mais aussi parce qu’ils étaient 31es au classement général au début de janvier, du jamais-vu.

Dans 30 ans, on parlera encore de cette équipe résiliente et même à la retraite, les joueurs actuels des Blues seront invités à retrouvailles par-dessus retrouvailles. La ville de St. Louis a sa coupe et c’est amplement mérité.

Cette réussite change la donne. On savait que la parité était réelle dans la Ligue nationale, mais la victoire des Blues en est la confirmation ultime.

Si Tampa Bay avait gagné...

Imaginez si le Lightning de Tampa Bay avait gagné. Les directeurs généraux se diraient que le Lightning a tellement de talent que ça va prendre des années à bâtir un club semblable, mais aujourd’hui, toutes les équipes ont le droit de croire à leurs chances.

On a vu l’effet Vegas l’an dernier et aujourd’hui, l’effet St. Louis. Je ne dis pas que les Blues n’ont pas de talent, mais ce n’est pas une équipe paquetée comme le Lightning. À mon avis, seuls les Mighty Ducks d’Anaheim et les Oilers d’Edmonton, finalistes en 2003 et 2006 respectivement, sont venus près de réaliser un exploit comparable à celui des Blues.

Passer de 31e à champion en quelques mois ne sera peut-être jamais répété et que demander de mieux comme exemple de parité ? Ne soyez pas surpris si les prochains champions de la Coupe Stanley en 2020 sont une formation exclue des séries éliminatoires de 2019.

Valeur à la hausse

L’effet St. Louis va peut-être aussi créer un marché de vendeurs. Il y aura plusieurs directeurs généraux agressifs et ils devront possiblement payer un peu plus cher pour les joueurs qu’ils convoitent.

J’ai hâte de voir ce que le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, va faire. À mon avis, le Tricolore n’est qu’à deux joueurs près d’être une équipe aspirante à la coupe. Je ne dis pas favorite, mais bien aspirante à la coupe.

C’est plus évident que jamais.

Aujourd’hui, l’objectif est de se qualifier pour les séries éliminatoires, après quoi tout est possible.

Vendeur de rêve

Les Blues ont certainement eu un peu de chance pour effectuer une telle remontée au classement, mais il faut donner beaucoup de crédit au directeur général, Doug Armstrong, et à l’entraîneur, Craig Berube.

Armstrong a payé très cher pour les services de Ryan O’Reilly, il y a un an, mais on voit aujourd’hui, qu’il en valait le coup. Parfois, il faut risquer gros et on peut se demander où le Canadien se serait rendu avec un ou deux autres joueurs d’impact dans son camp, surtout cette année.

Ça regardait mal à St. Louis le 20 novembre, lorsque Armstrong a congédié l’entraîneur Mike Yeo et embauché Craig Berube, un entraîneur sans expérience dans la LNH, mais Berube s’est avéré tout un vendeur !

Il a vendu un rêve à ses joueurs et les a convaincus que tout était possible. Leur nouvelle confiance les a propulsés jusqu’à une victoire dans un septième match à Boston. Ils y croyaient.

Le morceau qui manquait était un véritable gardien de but numéro un, mais lorsque Jordan Binnington s’est emparé du filet, tout a changé.

C’était difficile de croire aux Blues, mais depuis janvier, ce fut la meilleure équipe dans la LNH. Leur triomphe contre les Bruins n’était pas une surprise.

Bienvenue dans la nouvelle LNH.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Le premier choix du CH
Je ne veux pas voir le Canadien repêcher un Québécois pour le plaisir de la chose, mais lorsque le Tricolore parlera au 15e rang, vendredi, il pourrait y avoir deux bons espoirs de chez nous en lice, les attaquants Raphaël Lavoie et Samuel Poulin. Je connais surtout Samuel, le fils de mon ancien coéquipier Patrick, et je sais que c’est un jeune homme très sérieux avec une éthique de travail exemplaire. Il a le caractère pour évoluer dans un marché comme Montréal. Je n’hésiterais pas une seconde à le réclamer.
 
Combien pour Binnington et Berube ?
D’après moi, les Blues et leur gardien Jordan Binnington n’auront pas trop de difficulté à s’entendre pour un nouveau contrat. Binnington peut assurer son avenir avec un contrat de cinq ans autour de 4,5 millions par année. Ça le placerait parmi les 15 gardiens les mieux payés et je crois que ça ferait l’affaire des deux parties. Quant à lui, l’entraîneur Craig Berube a réécrit l’histoire des Blues, mais on sait qu’à long terme, le job d’entraîneur est précaire. Il signera pour au moins trois ans et le montant dépendra de la durée du contrat. Ça devrait être autour de trois ou quatre millions par année.
 
C’était écrit
Le déroulement du septième match de la finale est un scénario qu’on a déjà vu. Les Bruins ont dominé la première période, mais n’ont pas réussi à déjouer Jordan Binnington. Ce dernier paraissait même chancelant en début de match, mais il a été extraordinaire lors de la pénalité à Colton Parayko et par après, il a été pratiquement invincible. Il a volé le match en première période et étant donné qu’il avait été ordinaire dans le match précédent, les Bruins n’étaient peut-être qu’à un but d’un ouragan devant leurs partisans. Les Blues ont capitalisé sur leurs chances et c’est dommage pour le gardien des Bruins Tuukka Rask, qui a connu des séries extraordinaires. 
 
Comme Vancouver
J’ai hâte de voir la suite des choses à Boston. Les Bruins me font penser aux Canucks de Vancouver de 2011, l’équipe qu’ils avaient battue en grande finale. Le noyau des Canucks s’est effrité par la suite et j’ai l’impression que les Bruins vont se rajeunir dans les deux ou trois prochaines années.