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Les fondamentalistes religieux attaquent le Québec

Muslim woman in black dress against dark background
Elnur - stock.adobe.com

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La loi sur la laïcité porte mal son nom. Elle devrait s’appeler la loi contre le fondamentalisme religieux. Ce sont d’ailleurs des fondamentalistes religieux qui les premiers attaquent la loi devant les tribunaux.  

L’étudiante qui vient de lancer une poursuite contre la loi 21 est une future enseignante qui porte le voile islamique. Elle le porte, dit-elle, pour des raisons de spiritualité. Elle est appuyée dans sa contestation par le Conseil national des musulmans canadiens et par l'Association canadienne des libertés civiles.         

La croyance religieuse de cette femme est si forte qu’elle prétend ne pas pouvoir ôter son voile en public.           

Une croyance fondamentaliste  

Sa croyance religieuse est liée aux idées et pratiques religieuses islamiques fondamentalistes.           

Cette croyance est une manifestation tangible d’autres croyances religieuses abjectes qui ont mené tant de musulmans à fuir leur pays d’origine. Ces croyances religieuses ont empoisonné la vie sociale et politique des habitants plusieurs pays.          

Ces croyances religieuses sont très proches de celles professées en Arabie saoudite, en Iran, en Afghanistan ou même, à un degré plus extrême, dans le défunt État islamique.          

Ceux qui adhèrent à ces croyances religieuses combattent les démocraties. Ils cherchent à les remplacer par des théocraties.          

Enseigner aux enfants  

La loi sur la laïcité est donc contestée par une femme qui est subjuguée, en tout ou en partie, par un islam fondamentaliste, un islam par essence antidémocratique. Elle revendique le droit d’enseigner aux enfants du Québec, dans des écoles payées par les impôts des Québécois.           

Cette femme, si elle gagne, montrera aux enfants par son attitude et par son exemple qu’il est selon elle normal que les filles se couvrent la tête. Qu'il est normal de se comporter comme des personnes inférieures aux garçons, en portant un voile. Cette femme épouse probablement aussi d’autres croyances fondamentalistes islamiques.          

Les tribunaux risquent de lui donner raison  

Le problème est que les tribunaux canadiens, s’ils font une lecture stricte de la constitution, vont très probablement trancher en faveur du port du voile, au nom de la charte canadienne des droits et libertés.           

Les délires fondamentalistes religieux seront davantage protégés.           

Une question jamais tranchée  

La question de la place de la religion dans les démocraties n’a jamais été complètement tranchée.           

La plupart des citoyens des démocraties acceptent que des croyances religieuses soient pratiquées dans le cadre de la vie privée. Mais beaucoup de dirigeants religieux ont soif de pouvoir politique. Ils veulent imposer leur dictats partout. La shère privée ne leur suffit pas.         

Les ressortissants de pays très religieux trouvent normal que la religion prenne davantage de place au Québec et au Canada.           

Pourtant, un des facteurs qui rend le Canada attrayant pour tant d’immigrants est précisément le peu de place qu’y occupe le fondamentalisme religieux.           

Cette place modeste de la religion dans nos sociétés modernes est présente dans l’esprit de la constitution de 1982.           

Un combat qui dépasse le cadre fédéraliste-souverainiste  

Il est encore possible au Québec et au Canada de lutter contre le fondamentalisme religieux chrétien, musulman, juif ou autre.           

Mais c’est une erreur de tenter d’assujettir cette lutte aux clivages nationalistes-fédéralistes traditionnels. Beaucoup de fédéralistes, d’anglophones, de souverainistes et de francophones sont en faveur de la lutte contre le fondamentalisme religieux. De même, les musulmans sont très majoritairement contre le port du voile. Ce combat dépasse celui de la souveraineté, même s’il alimente le courant souverainiste.          

Le problème dépasse aussi la simple défense de droits individuels. Il ne s'agit pas ici de maximiser ou de limiter les droits individuels, mais de protéger leurs assises mêmes.           

Un risque réel  

Les savants juges et les honorables élus feraient bien de considérer les mouvements profonds des sociétés québécoise et canadienne : s’ils ne trouvent pas une manière d’interpréter la constitution pour juguler la montée du fondamentalisme religieux, ils courent le risque de se retrouver, dans plusieurs années, devant une contestation politique pancanadienne majeure de l’ordre constitutionnel.           

Cette contestation majeure proviendra de deux fronts opposés, celui de ceux qui rejettent le fondamentalisme religieux et celui de ceux qui le soutiennent.           

Dans ce combat de la loi et de la démocratie contre le fondamentalisme religieux, les responsables juridiques et politiques ne peuvent en toute conscience choisir qu’un seul camp : celui de la lutte contre le fondamentalisme religieux. Parce que l’objectif des fondamentalistes religieux est de détruire l’ordre auquel les responsables politiques et juridiques adhèrent. Parce que la majorité de la population ne suivra pas les fondamentalistes. Parce que l’ordre constitutionnel finirait par être complètement déconsidéré par la majorité des citoyens, si les responsables donnaient raison aux fondamentalistes religieux.