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Mérule pleureuse: il est obligé de payer deux hypothèques en parallèle

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Un homme qui avait acheté et rénové sa propriété doit aujourd’hui payer deux hypothèques en parallèle, parce que l’aide financière de Québec pour la mérule pleureuse est de loin insuffisante.

La mérule pleureuse, un champignon surnommé le cancer du bâtiment, attaque la structure et détruit le bois des maisons. Steve Frigon a découvert le champignon dans son vide sanitaire.

Les experts étaient unanimes, la contamination était trop importante. Il ne restait qu’à démolir sa maison.

«C’est comme passer au feu pas d’assurance; même si tu en as... car ils ne paient pas pour ce type de sinistre. Tu dois tout jeter, les matelas, les meubles, tout ce qui a du bois. Les seules choses que tu peux garder, c’est le métal et le plastique», a confié Steve Frigon.

«Le programme gouvernemental prévoit une indemnisation maximale de 100 000 $, a-t-il expliqué. Démolir une maison, c’est 20 000 $. Ça veut dire qu’il te reste seulement 80 000 pour reconstruire. C’est nettement insuffisant. Il faut aussi se remeubler et continuer de payer l’ancienne hypothèque même si la maison n’existe plus.»

La communauté et les élus se mobilisent

La municipalité d’Hérouxville et les villes voisines ont interpellé la ministre des Affaires municipales. Une résolution demande à Québec d’augmenter l’aide financière pour toutes les victimes de la mérule pleureuse. Il y a au moins quatre autres cas dans la région.

«À partir du moment où les assurances ne paient pas; à qui revient la responsabilité? Je crois que le gouvernement devrait les considérer comme des sinistrés, comme les victimes d’inondation. Ainsi, l’aide financière serait beaucoup plus importante», a fait savoir Bernard Thompson, le préfet de la MRC Mékinac.

Cette mésaventure laisse à la famille Frigon une dette d’un peu plus de 200 000 $, un montant qui aurait pu être de loin supérieur si ce n’était pas de l’implication de la communauté d’affaires.

«Ça peut arriver à n’importe qui, n’importe quand, a soutenu Sylvain Garceau, d’Isolation SG. Moi, c’est mon métier alors j’ai la capacité de lui donner un bon coup de main. J’ai décidé de lui offrir l’isolation et la couverture de sa maison. Ce qu’on lui donne, c’est ça de plus pour lui.»

D’autres corps de métiers et certains commerçants de la région ont aussi mis l’épaule à la roue afin de donner un peu d’oxygène à cette famille qui s’est dite touchée par le support de la communauté.