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Une mère accusée du meurtre de ses cinq bébés en France

Une mère accusée du meurtre de ses cinq bébés en France

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COLMAR | Le procès d’une mère de famille accusée d’avoir tué cinq de ses nouveau-nés après avoir accouché en secret, une affaire restée non élucidée pendant près de 15 ans, s’est ouvert mardi à Colmar, dans le nord-est de la France.

Sylvie Horning, mère de trois grands enfants, est entrée dans la salle d’audience des assises du Haut-Rhin la tête basse.

Immobile, la femme de 54 ans aux cheveux ondulés, vêtue d’un gilet blanc et d’un t-shirt jaune, a écouté l’exposé des faits, l’air tendu.

Les deux jours et demi d’audience prévus devraient se concentrer sur la personnalité de cette femme qui n’a jusqu’à présent pas vraiment expliqué ses gestes, si ce n’est pour dire qu’elle ne souhaitait pas ces enfants.

Dans cette affaire, l’une des plus graves affaires d’infanticides en France ces dernières années, Mme Horning a reconnu avoir tué cinq de ses nouveau-nés en les étouffant ou en les étranglant, après avoir accouché seule dans les toilettes de son domicile et avoir recouvert les bébés d’une serviette pour ne pas les voir.

L’enquête avait débuté par la découverte fortuite, en 2003, de quatre cadavres de nouveau-nés dans des sacs-poubelle dans une forêt de la région.

Jusqu’en 2017, les efforts des enquêteurs n’avaient pas permis de lever le mystère entourant ces cadavres.

C’est finalement en septembre 2017 qu’un rapprochement fut fait entre ces bébés et un prélèvement génétique effectué sur une quinquagénaire habitant Petit-Landau, en banlieue de Mulhouse, et dont l’ADN avait été prélevé après une rixe entre voisins.

Placée en garde à vue, Sylvie Horning avait alors reconnu être leur mère et «l’intégralité des faits d’homicide sur ses enfants qui venaient de naître», selon des déclarations du procureur de Mulhouse.

Un cinquième corps de nouveau-né avait été découvert dans une glacière au domicile de la famille. Les faits se seraient déroulés sur une dizaine d’années, sans qu’aucun des proches de l’accusée ne s’en rende compte, y compris son compagnon, le père des enfants, décédé en 2018.

«Elle a toujours regretté ce qu’elle a fait, mais elle était dans le déni de grossesse», une pathologie dans laquelle «le psychisme l’emporte sur le physiologique», selon son avocat, Me Roland Moeglen.

Véritables dénis de grossesses ou incapacité à les investir tout en en ayant conscience, la question sera posée avec l’intervention par visioconférence du gynécologue Israël Nisand, qui avait participé à une expertise de Mme Horning.

Le fils aîné de Sylvie Horning, ainsi que deux associations de défense de l’enfance, se sont portées parties civiles, tandis que ses deux filles sont appelées à témoigner.

«Ce qui nous intéresse, c’est de comprendre pour prévenir le renouvellement. Cette femme a été amenée à supprimer cinq enfants. Peut-être qu’une vigilance, notamment au moment de la naissance de ses autres enfants, aurait pu attirer l’attention des maternités et d’autres services», a souligné Monique Sultan, avocate de l’association Enfance et Partage.

Le verdict est attendu jeudi.