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Veut-on la peau des Petits Chanteurs?

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Les Petits Chanteurs du Mont-Royal font partie du patrimoine du Québec comme les Petits Chanteurs de Vienne font partie du patrimoine de l’Autriche.

Si la chorale viennoise existe depuis plus de cinq siècles, celle de l’oratoire Saint-Joseph n’a que 63 ans. N’empêche qu’elle existe depuis presque aussi longtemps que l’OSM et le Rideau Vert, mais depuis plus longtemps que Les Grands Ballets canadiens ou l’Orchestre Métropolitain, des groupes qui ne sauraient disparaître sans soulever un tollé.

Si l’avenir des Petits Chanteurs est gravement menacé sans qu’on jette les hauts cris, c’est que Rachel Harel-Bourdon, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), semble avoir le bon droit pour elle et s’en prévaut sans gêne.

DE L’AUTRE CÔTÉ DE LA RUE

Depuis toujours, les Petits Chanteurs qu’on recrute en 2e année du primaire commencent leur 3e année dans un bâtiment de l’école Notre-Dame-des-Neiges, située à proximité de l’oratoire Saint-Joseph, chemin Queen-Mary. En plus de suivre le cursus régulier, les écoliers passent 15 heures par semaine à étudier le chant et à répéter.

À compter du secondaire, les jeunes chanteurs n’ont qu’à traverser la rue pour poursuivre leurs études au Collège Notre-Dame, une institution privée. Les parents paient environ la moitié du budget d’un demi-million de dollars de la célèbre maîtrise, après avoir signé avec elle un engagement de neuf ans. Quant aux frais de scolarité exigés par le Collège Notre-Dame, ils sont remboursés en entier par le ministère de l’Éducation. En raison de chinoiseries administratives, le ministère paie d’abord la CSDM qui remet ensuite la somme au Collège.

En mars dernier, sans crier gare, la Commission scolaire a décidé qu’elle ne servirait plus de courroie de transmission pour cet argent. Madame Harel-Bourdon, c’est connu, défend l’école publique bec et ongles. Ayant hérité de l’obstination de parents militants – elle est la fille de Louise Harel, ex-ministre, et de feu Michel Bourdon, un ancien de la CSN –, Catherine Harel-Bourdon a décidé qu’elle ne veut plus être « complice » d’un accommodement qui donne l’impression qu’elle reconnaît l’existence des écoles privées.

LES SOLUTIONS DE MADAME BOURDON

En guise de solution, la CSDM a d’abord offert « l’hospitalité » de l’Académie de Roberval, fermée depuis pour moisissures, puis l’école Georges-Vanier. Dans un cas comme dans l’autre, ces écoles sont situées dans l’est de Montréal, rue Jarry. En plus d’ajouter 15 heures de musique à leurs études régulières, les pauvres chanteurs devraient se taper de 10 à 15 heures de transport par semaine, un obstacle quasi insurmontable à la poursuite de leur rêve.

Si on en reste là et que le ministre de l’Éducation François Roberge n’intervient pas, comme il en a le pouvoir, madame Bourdon aura eu la peau des Petits Chanteurs. À moins que la CAQ donne suite à sa promesse d’abolir les commissions scolaires. Vaudrait mieux leur disparition que celle des Petits Chanteurs.

LE SPECTACLE DANS LA PYRAMIDE

J’avais trouvé très sévère le jugement de ma collègue Sophie Durocher sur le spectacle Au-delà des échos, à la pyramide PY1 du Vieux-Port de Montréal. Comme on m’a dit qu’il valait mieux voir le spectacle couché, c’est ce que j’ai fait. Comme il est sans intérêt, après une dizaine de minutes, je vous conseille de rester couché, mais à plat ventre !

 

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