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Crise du MAX: Boeing veut se remettre dans la course

Crise du MAX: Boeing veut se remettre dans la course
AFP

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Le Bourget | Boeing veut profiter du rendez-vous du Bourget pour tenter de se réhabiliter avec un message de contrition et un engagement sur la sécurité après les deux écrasements aériens de son 737 MAX, aidé aussi par une commande géante qui remet l’appareil dans la course. 

L’avionneur a déployé une communication millimétrée déclinée en trois temps en prenant soin de présenter des excuses et en reconnaissant des erreurs, notamment de communication, dans la crise du MAX. 

«Nous avons du travail pour gagner et regagner la confiance du public», a reconnu dimanche Dennis Muilenburg, le PDG du géant de Seattle, en reconnaissant que «cette confiance a été affectée par les accidents récents» de Lion Air et d’Ethiopian Airlines, qui ont fait 346 morts au total. 

«Nous venons à ce salon concentrés sur la sécurité. Nous venons avec un ton d’humilité et d’apprentissage, toujours confiants dans notre marché», a-t-il ajouté: «nous savons qu’il y a des domaines où nous aurions pu et dû faire mieux». 

Dès l’ouverture du salon aéronautique lundi, c’est tout l’aréopage de Boeing, et notamment le patron de sa branche aviation commerciale, Kevin McAllister, qui a martelé ce message. «La sécurité est sacrée dans cette entreprise», a-t-il plaidé, en assurant que Boeing faisait tout pour que «de tels accidents ne se reproduisent plus jamais». 

Puis dans un troisième temps mardi, l’avionneur a surpris tout le monde en annonçant une commande géante de 200 737 MAX, la première depuis la décision des autorités de régulation de clouer l’appareil au sol en mars dernier, après l’écrasement d’Ethiopian Airlines. 

«C’est très finement joué», estime une analyse aéronautique sous couvert d’anonymat. «Boeing démontre une nouvelle fois qu’il est un «grand» de l’aéronautique». 

Cette lettre d’intention signée avec le groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus et Level) n’est pas une commande ferme, mais elle constitue un signe de confiance majeure de la part d’un géant du transport aérien. Elle souligne également la volonté de Boeing de surmonter la crise et de revenir dès que possible dans la course face à Airbus. 

Reprise des vols «quelque part cet été»?

«Nous avons pleine confiance en Boeing et nous nous attendons à ce que l’appareil reprenne les vols avec succès dans les prochains mois, après l’accord des autorités de régulation», a déclaré Willie Walsh, le patron d’IAG, lui-même ancien pilote. 

Elle est d’autant plus significative qu’une partie des avions commandés iront rejoindre la flotte moyen-courrier de British Airways pour sa base de Gatwick, aujourd’hui exclusivement composée d’appareils de la famille A320 d’Airbus. Le reste ira à Vueling et Level. 

Elle permet par ailleurs à IAG de se positionner avec de premières livraisons prévues en 2023. Mais l’entreprise pourra éventuellement modifier cette commande pour d’autres appareils de Boeing, et notamment le très attendu NMA, un avion de 220 à 270 passagers destiné au «milieu du marché», souligne l’expert aéronautique. 

Boeing, qui s’est donné comme priorité de régler la crise du MAX avant de lancer éventuellement cet avion, a repoussé à 2020 toute annonce. Mais Kevin McAllister a redit que cet appareil serait idéalement positionné sur ce segment de marché, en offrant «le confort d’un long-courrier et les coûts d’un monocouloir». 

Interrogé sur la concurrence avec Airbus, qui tente de prendre Boeing de vitesse sur ce segment du marché avec le lancement lundi de l’A321 XLR, une version aux capacités étendues de son moyen-courrier vedette, Kevin McAllister s’est contenté de répondre que Boeing avait une «formidable» gamme d’avions. 

Enfin, IAG a probablement profité d’un tarif très attractif, souligne le même expert, compte tenu de la crise du MAX et alors que les avionneurs offrent une remise proportionnellement à la commande. Au prix catalogue, elle est évaluée à 24 milliards de dollars. 

Reste la date d’une reprise des vols du MAX. Boeing a refusé de donner un calendrier, mais Dennis Muilenburg a laissé entendre que les autorités de régulation pourraient s’aligner pour une reprise des vols, le meilleur scénario pour Boeing. 

Philippe Petitcolin, le patron de Safran dont les moteurs Leap développés avec General Electric via leur coentreprise CFM équipent les 737 MAX, a dit s’attendre à une décision durant «cet été», mais rappelé que cela relevait des régulateurs.